Interview de Construire en bois vu par 4 acteurs de la filière bois île de France (11/11/2008)
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(11/11/2008)
Claude Thevenot
Tél : 01.40.68.02.44/ 06.80.60.24.55
www.toitetbois.com
« Le bois s’est démocratisé. Lorsque j’ai commencé, il y a 25 ans, il s’agissait d’une niche pour artistes et gros budgets en recherche d’originalité. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Nos clients sont principalement des cadres supérieurs, qui aspirent à s’offrir de belles maisons individuelles. C’est une clientèle stable mais plus conservatrice, installée dans un rayon de 100 kilomètres autour de Paris.
Chez Toit et Bois, nous sommes à la fois entrepreneurs et architectes : nous suivons les projets du premier coup de crayon jusqu’au rendu de l’habitation, avec une prédilection pour l’ossature plate-forme et le poteau-poutre. Il faut que le client se trouve bien dans sa maison et, surtout, qu’il s’y retrouve : cottage anglais ou contemporaine, toit-terrasses ou tuiles, nous sommes ouverts à tout.
Chaque année, nous avons une dizaine de chantiers de maisons individuelles, pour des coûts avoisinant les 2 500 euros/m2. Mais le foncier commence à se faire rare. Dans ce contexte, un nouveau marché émerge, celui des extensions et des agrandissements de meulières. De même, nous pouvons dire que le ralentissement est là : depuis mai, j’ai de plus en plus d’annulations de contrat parce que les gens n’arrivent pas à revendre leur habitation pour financer un nouveau projet. Mais cela ne nous empêchera pas de continuer à réaliser de belles choses. »
Bruno Fuchs - Architecte D.P.L.G
Agence Hamadryade 5, rue des Saules - 95280 Jouy le Moutier
Tél : 01.34.43.87.87
www.hamadryade.com
« Le bois est mon matériau de prédilection et l’ossature bois ma spécialité. C’est celle qui convient le mieux aux architectes parce qu’elle leur offre toutes les libertés. Je suis demandé dans toute l’Île-de-France pour des projets de maisons individuelles que je suis de A à Z. Dans les départements limitrophes de la région parisienne, on trouve de beaux terrains pour jouer avec les volumes. Plus près de Paris, c’est le jeu du mouton à cinq pattes : les terrains sont complexes, à plusieurs niveaux ou sur des carrières, dont personne ne voudrait…
Quel que soit le projet, c’est la mixité des matériaux qui m’intéresse. Je mélange la brique, le verre et l’aluminium au bois. De même, les tendances évoluent : le red cedar cède la place au mélèze, aux bois peints et aux panneaux, faciles à marier avec les autres matériaux. Les façades y ont gagné en simplicité d’entretien.
Sensibilisé aux questions d’énergies, je travaille avec un thermicien sur tout type de chauffage. J’installe de plus en plus de toitures-terrasses végétalisées, qui participent à l’engouement actuel pour l’environnement.
Je ne ressens pas la crise pour le moment, les projets ayant été signés il y a 6-7 mois. Mais c’est vrai que les extension, aux budgets moins élevés, deviennent majoritaires. »
Estelle Billiote - Déléguée régionale du CNDB
6, avenue de Saint-Mandé 75012 Paris
Tél : 01.53.17.19.96 / 06.27.28.31.54
e.billiotte@cndb.org
« L’Île-de-France regroupe huit départements, aux densités de population extrêmement disparates. Entre le cœur de Paris, la vallée de la Chevreuse et Meudon, il n’y a rien de comparable. La construction bois peut s’y développer à souhait. Plus on se rapproche de la capitale et plus les superficies des terrains à bâtir rétrécissent. Construire tient alors de l’exploit et la filière réalise des prouesses. Quand les budgets sont modestes, la surélévation est la solution idéale. Les propriétaires de derniers étages d’immeubles parisiens acquièrent souvent les combles et la toiture afin de créer une surface habitable complémentaire. Ce sont des projets à fortes contraintes : le chantier doit être rapide, relativement discret (il s’agit de ne pas neutraliser la voirie trop longtemps) et propre de préférence. Là encore, le bois est la solution.
À Paris et dans la petite couronne, d’anciens locaux commerciaux (cafés, ateliers…) sont souvent achetés dans l’optique d’une restauration ou d’un agrandissement avant finalement d’être démolis pour laisser la place à une habitation bois nouvelle. Les architectes arrivent à tirer parti de locaux de 50 m2 avec une façade large de 1,20 m : cela donne de sympathiques R+2 en poteau-poutre avec sous-sol et toit-terrasse aménagé en jardin, ce n’est pas rare. Ce serait impossible à réaliser autrement qu’en filière sèche et avec du bois. »
Benoît Deces / Honka Seine & Marne - Eco Habitat
10 rue du Palais de Justice - 77120 Coulommiers
Tel : 01.64.20.09.08 / 06.71.30.03.62
benoit.deces@honka.com
« En Seine-et-Marne, on trouve encore des terrains de 600 à 1 500 m2. Ils nécessitent des budgets de 150 000 euros, soit un bon tiers de l’investissement total. Du coup, avant de pouvoir acheter nos maisons en bois massif, les clients doivent parvenir à vendre leur première acquisition.
Lorsque les gens viennent nous voir, 30 % connaissent déjà nos constructions. Ils sont séduits par leur structure, leur robustesse, leur esthétique et leurs menuiseries. Le chauffage est une préoccupation récurrente. La pompe à chaleur, pour sa facilité de mise en œuvre, sans terrassement, est nettement préférée à la géothermie. Les systèmes de récupération d’eau de pluie sont également très demandés. Je me suis constitué un réseau d’artisans particulièrement au fait de ces techniques.
En ce moment, j’ai un projet de maison complètement autonome en énergie, avec mise en place d’une éolienne. On me demande également de plus en plus de constructions contemporaines. Ce département, l’un des plus grands de France, est un territoire de longères, de maisons de briques. Les mairies sont encore hésitantes mais la maison bois est bien acceptée par la DDE et les architectes des Bâtiments de France. »
Patrick et Ghislaine Pistre (Société les Charpentiers de l'Abbaye)
Tél : 01.64.05.53.87
« Nos clients cherchent à agrandir, ou à surélever. Cela constitue 80 % de nos chantiers. Si le budget est trop serré, nos clients préfèrent augmenter le volume de leur habitation plutôt que de déménager. Lorsque l’on agrandit, il y a quasiment à chaque fois aussi surélévation en R+1 ou R+2.
C’est la complexité du projet qui nous attire. Nous sommes des charpentiers passionnés. Nous avons la connaissance du bois, le savoir-faire de la pose et une curiosité permanente que nous partageons avec le même architecte depuis longtemps.
Actuellement, aux Lilas, nous aménageons une ancienne usine en appartements. Nous avons en parallèle quatre chantiers d’extension-rénovation ainsi que des travaux de relookage (en ossature) d’immeubles parisiens. Très tournés vers le bio, nous sommes logiquement intéressés par les isolants naturels.
En règle générale, les clients viennent avec leurs questions et nous essayons de leur apporter la meilleure réponse. Il n’y a qu’une seule chose à laquelle nous sommes réfractaires : l’utilisation de PVC ou de bois exotique car notre but, c’est de faire travailler les entreprises locales. Le douglas, le mélèze et le red cedar sont nos essences habituelles. Mais, cela évolue tout le temps : c’est en forgeant que l’on devient forgeron… »