Interview de M. Michel Faber (09/07/2010)
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(09/07/2010)
- En région Rhône-Alpes le bois est présent à plus de 20 % sur les départements alpins, dans l’habitat individuel. « Depuis fin 2008, nous avons connu une baisse importante des carnets de commandes en construction ; en revanche, le secteur de la menuiserie agencement ne connaît pas cette situation, on y constate toujours un bon niveau d’activité. En scierie, la situation reste difficile malgré un volume d’affaires en léger mieux fin 2009 : les prix des marchés des bois ronds provenant de la propriété forestière et ceux des sciages sur les marchés de la distribution et de la construction ne permettent pas d’obtenir des marges industrielles suffisantes. Cette situation générale a repoussé des décisions d’investissement chez certains de nos acteurs ». FIBRA est un organisme interprofessionnel particulièrement dynamique, porteur de nombreux projets, comme en témoigne son directeur, Michel Faber : « il faut accompagner les entreprises pour construire mieux et plus. Il y a quelques années, la FIBRA a été partenaire du CNDB dans la mise en place de la formation MBOC. Aujourd’hui, nous nous concentrons sur la performance des systèmes constructifs face aux nouvelles réglementations thermiques. Mais il faut aussi aider les constructeurs à s’industrialiser : ainsi ils produiront plus, mieux et à un coût plus compétitif.
Le bois n’a plus à faire ses preuves dans le domaine de la construction et, désormais, nous voyons de grands groupes du bâtiment construire avec le bois. Vinci, Bouygues ou encore Eiffage développent des stratégies bois et se rapprochent de nos organisations interprofessionnelles. Parce que de telles entreprises ont les moyens industriels qui font défaut à la filière du bois construction. Nous sommes attentifs à les aider à trouver des solutions constructives mixtes, associant béton et bois.
L’année 2010 marque le lancement d’une campagne sur l’étanchéité à l’air. La FIBRA a prévu d’effectuer le « blower-door test » ou test d’étanchéité sur un échantillon de chantiers en réalisation. Les conclusions que nous en tirerons permettront de créer un cahier des charges des points délicats de conception et de mise en œuvre et d’engager un plan de formation à l’attention de tous les acteurs du bâtiment. Tous les métiers du bâtiment sont impliqués, c’est une vraie révolution pour le secteur. Pour celui des scieries aussi, qui devront mettre l’accent sur le séchage, sur le classement mécanique des bois qu’elles produisent et sur le marquage CE. Tous les systèmes constructifs sont concernés. Si l’ossature bois, est la structure la plus à même d’atteindre les fameux 50 kWh/m2 par an, il faut bien comprendre que l’isolation ne fait pas tout. Elle ne compensera jamais une mauvaise conception. Etudier le terrain et l’environnement du futur habitat, proposer un projet cohérant, voilà ce qui est primordial. Et c’est en fonction de ces études que se décide l’isolation, les systèmes de menuiseries, mais aussi l’ensemble des équipements de production d’énergie, de traitement de l’air, etc.
En Rhône-Alpes, la production de bois (1,2 M m³ de sciages par an) fait de cette région une des toutes premières en France. Cela nous permet de penser que s’y développeront des productions d’isolants à base de fibre de bois. Leurs lambdas (conductibilité thermique) performants associés au bilan carbone du matériau en font des produits particulièrement prometteurs. Et nous aurons l’occasion d’en reparler… »