L’équilibre

Sous couvert, le bois massif investit toujours l’Ile-de-France. Courant jusqu’au toit, couvrant 184 m², l’épicéa du Jura se dévoile sous une finition opaque grise plutôt élégante. Joliment empilés, les madriers s’élancent à la vue des propriétaires, en toute intimité.

De haut en bas, l’œil accompagne les lignes affirmées de cette grande maison familiale. L’architecte Denis Delor en a dessiné les moindres détails, et les frères Chauvin, constructeurs de maison en bois massif, se sont chargés de sa construction. Car sous ses lames en épicéa, cette maison ne ressemble ni à une cabane ni à un chalet. Préférant abattre d’autres cartes, c’est une maison bois comme les autres, à la différence que sa structure porteuse est en madriers contrecollés empilés de 80 mm d’épaisseur. Anticipant l’actuelle réglementation thermique, la maison reçoit une isolation par l’extérieur en mousse de polystyrène extrudé. «  Cette maison préfigure ce que nous construisons actuellement pour satisfaire la RT 2012, à la différence qu’aujourd’hui les structures porteuses sont réalisées avec une nouvelle génération de madriers contrecollés non tassant  » introduit Laurent Chauvin qui regrette le temps où «  madrier  » ne rimait pas avec «  isoler  ». Désormais, aux qualités du madrier, s’ajoutent celles des principes de l’ossature bois avec son bardage. Un sage compromis. «  C’est vrai qu’extérieurement on perd l’aspect esthétique du madrier croisé, mais on s’ouvre de nouvelles alternatives architecturales  » reconnaît le constructeur. Largement vitrée en façade sud, cette maison à l’architecture bioclimatique est conçue de telle sorte qu’elle puisse profiter des apports solaires, sans craindre les surchauffes. Ainsi, la partie salon pointe son nez vers l’avant, quand, de part et d’autres, la cuisine et la suite parentale se mettent en retrait. Servant à réguler la température, le débord de toit s’accentue au niveau de la cuisine. En se prolongeant abondamment vers le jardin, les propriétaires profitent d’une terrasse couverte. Sans rupture visuelle, la toiture, avec ses petites tuiles imposées par l’architecte des Bâtiments de France, démultiplie ses fonctions dotant par ailleurs la maison d’un petit air classique, confondu à merveille sous son allure contemporaine. Matériaux et couleurs se mêlent en une architecture intemporelle, avec un petit quelque chose de sud-américain. Les balustrades en moins, la maison semble se donner de faux airs de maisons Lousianne avec ses imposantes poutres et son lambrissage immaculé de blanc placé sous ses avancées de toit. Un blanc qui domine aussi à l’intérieur ! Et qu’il est spacieux ce salon de 36 m² aux madriers apparents. Haute de plafond grâce à un vide sur salon presque attendu, la pièce à vivre donne envie. Attenante au salon, la cuisine évolue dans un espace défini, mais pas totalement clos. À l’extrémité, la suite parentale dispose d’une surface agéable de 18 m². Perchées à l’étage, une salle de bains ainsi que trois autres chambres sont réservées aux enfants. Au centre, la mezzanine est à la fois espace de jeu, espace bureau, bref un espace de vie plus intime au-dessus du salon. Grande et confidentielle, la maison est équilibrée, massive sans être mastoc.

Plus intime, la cuisine en «  L  » épouse son volume à la perfection. Elle se prolonge sur une terrasse couverte en bois

L’étage est équipé de convecteurs alors que le rez-de-chaussée est doté d’un plancher chauffant électrique

Ouverte sur la terrasse, la suite parentale, avec ses bois teintés crème et son parquet chocolat, est davantage intime

 

Source Architecture bois magazine, Numéro 58, Octobre-Novembre 2013
Texte : Laurène Delion
Photo : Didier Charre
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