Résumé Allumons nos GBS
Dans son rapport publié en novembre 2006, Nicholas Stern, Président d’honneur de la Banque mondiale, alertait les populations et les industriels sur les coûts induits par le réchauffement climatique, nous invitant à valoriser les raisonnements globaux à long terme : «Voilà ce que cela nous coûte aujourd’hui, voilà ce que cela nous coûtera demain. »
Ce raisonnement s’applique bien sûr à tous les acteurs économiques et sociaux et notamment aux professionnels du bâtiment qui ont des difficultés à se projeter et se contentent souvent de penser à court terme.
Alors qu’on se le dise ! Comme un des objectifs du Grenelle de l’Environnement est d’agir sur les plus importants émetteurs de gaz à effet de serre que sont les transports et le bâtiment, les têtes pensantes nous invitent à édifier des maisons basse consommation voire passives. Une démarche qui s’impose comme un levier pour répondre à un enjeu de société.
Recherches et réflexions se multiplient et nous invitent à redécouvrir les matériaux locaux, à marier tradition et technologie, mais à ne surtout pas tomber dans les extrêmes et à faire mieux avec moins. Dans ce monde en mouvement, qui préfigure le paysage urbanistique et architectural de demain, le bois s’impose et offre des perspectives intéressantes au même titre que le « GBS », le gros bons sens, comme le dit Gilbert Storti, conseiller CAPEB région Rhône-Alpes.
Mais le trop d’informations tue l’information et ne fait qu’accroître nos interrogations et les laisser sans réponse. Nous ne savons toujours pas, alors que le prix de l’énergie ne cesse d’augmenter, combien ça coûte et qui va payer.
En équilibre entre nos charges d’investissements et de fonctionnement, pas facile de valoriser notre conscience solidaire et citoyenne face à une problématique climatique, qui n’est pas pour demain mais déjà bien là.
Alors que faire ? Réaliser spontanément des travaux pour rendre nos maisons étanches à l’air, récupérer les calories avec une ventilation double flux, éliminer les ponts thermiques ; ou bien attendre une réglementation qui se présentera comme outil pour faire basculer les plus réticents. Et au moment de construire la maison de nos rêves comment procéder avec un budget serré ? Privilégier l’exposition, l’enveloppe, l’isolation et la ventilation pour pouvoir progresser au moindre coût ? Vivre dans la négation et prendre le risque de voir notre bien perdre de sa valeur avec un mauvais bilan thermique ?
Nous voici donc rassurés sans savoir qui va payer ni combien. Toutefois, avec de nouvelles réglementations, nous serons au moins armés pour convaincre les compagnies d’assurances d’ouvrir leurs oreilles à la respiration du monde car construire ou rénover sain et moins gourmand, n’est plus une niche mais un marché de masse. |