DETAIL MAGAZINE ARCHITECTURE BOIS


Architecture Bois & Dépendance N° 26 / Anciens Numéros

1. 15 projets d'archi : Lauriers de la construction bois

2. Emission de CO2

3. Dossier spécial : Protéger le bois

4. Salon Européen du bois : Nouveau succès

5. Quel coût pour une maison bois poste par poste

6. Chef d'oeuvre de l'auto-construction

7. La lsite des constructeurs: Nord-pas-de-Calais, Picardie,

8. Galerie photos

9. A la une

10. Shopping
Prix magazine : 5.50 €




Résumé
Pour un juste équilibre entre bois locaux et bois importés

Chênes, mélèzes, douglas, châtaigniers… Nos bois sont en danger ! D’année en année, toutes les essences françaises perdent des parts de marché dans le secteur de la construction. Certes la crise touche davantage les feuillus que les résineux, mais rendez-vous compte : dans leur rapport 2008, les experts du Service des études et statistiques industrielles (1) mesurent l’augmentation des importations de pins du nord et autres bois exotiques entre 2000 et 2006 à + 58 % !
Alors, pourquoi ne construit-on pas plus en bois locaux ? Que s’est-il passé pour qu’aujourd’hui une grande part de nos maisons soit issue des forêts nordiques (Danemark, Finlande, Pologne, Allemagne, Belgique ou Russie), tandis que nos huisseries et sols de terrasse se réalisent quasi-exclusivement en bois exotiques ?
D’abord, parce que la France n’a pas su créer et développer une véritable industrie du bois, comme nos voisins européens, notamment scandinaves. Le morcellement des propriétés (2/3 de la forêt française appartient à des propriétaires privés) disperse l’offre et bride l’éclosion de scieries suffisamment importantes pour être capables d’assurer, comme en Allemagne, l’approvisionnement régulier des industriels locaux. Quant à la filière d’exploitation, très atomisée elle aussi, elle tarde à être réorganisée.
Dans un passionnant mémoire de fin de cycle de formation à la HQE® (haute qualité environnementale), l’architecte DPLG Philippe Michel-Mazan (2) développe l’exemple du massif de la Chartreuse, avec ses 11 000 propriétaires privés et ses 43 000 hectares de forêt : seuls 80 000 à 100 000 m3 sont exploités par les douze scieries installées sur place alors que le seul accroissement naturel permettrait d’en utiliser le double chaque année. De même, sur la totalité des pièces produites, la moitié seulement est vendue dans la région.
Conséquence : un m3 de bois de Chartreuse séché et traité (fongicide et insecticide) coûte de 20 à 45 % de plus qu’un bois d’importation. Ce qui représente une différence de prix chez le particulier, selon le nombre de mètres carrés de son habitation, de plusieurs centaines voire milliers d’euros.
Les raisons économiques l’ont donc emporté. Sans compter qu’en solivage et bois de structure, le bois du nord a de très bonnes caractéristiques et traverse les années sans problème. Les professionnels sont plus dubitatifs quant à sa stabilité lorsqu’il est exposé en extérieur (bardage, poteaux…). C’est ainsi que Guillaume Millereaux, PDG de l’entreprise Limouzin spécialisée en charpente et menuiserie en Gironde, fait tous les jours le constat d’une grande différence entre les climats de Norvège et de France : « La quantité d’UV et le taux d’hygrométrie de notre région mettent à rude épreuve les bois issus du cercle polaire. Sans traitement, ils gercent, se fendent, éclatent. Alors que si vous prenez un bois de châtaignier issu d’une scierie du Périgord, rien de tel n’arrivera puisque le bois a été élevé sur place. Il faut savoir utiliser chaque essence à sa juste place et accepter que le bois vive, se fendille, grisaille ».
« Certaines forêts étaient jadis dévolues à un usage spécifique, comme les forêts royales dont les grands arbres courbes servaient à construire des navires de la flotte militaire. Seulement voilà, aujourd’hui, on a tendance à couper n’importe où. Et n’importe quand », insiste Guillaume Millereaux. Et que penser des modifications génétiques effectuées sur les pins pour accélérer leur croissance, au risque d’amoindrir leur densité et leur résistance ? Et de l’accélération donnée au séchage ? Est-il absurde de rappeler que le sens de la fibre doit être respecté lorsque l’on crée des ouvrants de porte ? Se rappelle-t-on que les poteaux doivent avoir « la tête en bas », c’est-à-dire le haut du fût vers le sol, pour éviter que l’eau qui ruisselle, ne s’infiltre et ne pourrisse le bois ?
Enfin, le bois local a des vertus sociales : créatrice d’emplois, la filière est en pleine croissance. En 2015, elle devrait représenter 15 % du marché de la construction, soit 30.000 maisons, selon une étude réalisée dans le cadre de la neuvième édition du salon Maison Bois d’Angers. Et cela ne risque pas de se tarir : 20 % des ménages accédant à la propriété aujourd’hui se disent prêts à acheter une maison bois. La bataille pour le bois local est donc aussi d’intérêt macro-économique.
Le gouvernement ne s’y trompe pas: le Grenelle de l’environnement a prévu d’augmenter d’un tiers la production actuelle de bois commercialisé, la passant à 50 millions de m3, Mais comment reconquérir durablement le terrain perdu ? En réorganisant les modes d’exploitation forestière, comme on l’a vu, à condition qu’il ne soit déjà pas trop tard par rapport à la concurrence. Il faut aussi parachever la filière et relancer les métiers du bois : en France, les acteurs ne sont pas assez nombreux pour satisfaire la demande, en quantité, en qualité et en largeur de gamme (certaines sections, spécifiques au métier de charpentier, ne se produisent même pas). Si la production intérieure ne suit pas, comment s’étonner que les constructeurs aillent voir ailleurs ?
Enfin, il faut améliorer l’information à destination des futurs propriétaires. Ils ont parfaitement intégré que le bois avait toutes les qualités. Mais savent-ils l’importance de leur choix entre bois local et bois importé ? Leur dit-on assez que les bois locaux ont fait leurs preuves en termes de bonne tenue aux insectes, aux intempéries et au temps. Qu’ils sont les mieux adaptés pour évoluer dans leur environnement climatique d’origine. Cette meilleure information sur les essences, mais aussi sur les produits isolants, les traitements et autres lasures, leur permettrait d’avoir des démarches plus cohérentes, plus authentiques. Pour toujours pencher du bon côté de la balance environnementale…


PARTENAIRES

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L'AGENDA DE LA MAISON BOIS

  • Yes is more à Bordeaux du 17 juin au 31 octobre
  •  Plus d'infos | 15-06-2010 | Vue : 320 fois
  • Salon Via Energies à Arles (13) du 3 au 5 septembre
  •  Plus d'infos | 30-06-2010 | Vue : 137 fois
  • Foire internationale à Clermont-Ferrand – Cournon (63) du 4 au 13 septembre
  •  Plus d'infos | 30-06-2010 | Vue : 159 fois
  • Salon Via Energies à Nancy (54) du 10 au 12 septembre
  •  Plus d'infos | 30-06-2010 | Vue : 148 fois
  • Salon Habitat & Bois à Epinal (88) du 16 au 20 septembre
  •  Plus d'infos | 19-07-2010 | Vue : 48 fois
  • Salon Via Energies à Palavas-Les-Flots (34) du 17 au 19 septembre
  •  Plus d'infos | 30-06-2010 | Vue : 137 fois
  • Salon Via Energies à Bourgoin-Jallieu (38) du 17 au 19 septembre
  •  Plus d'infos | 30-06-2010 | Vue : 132 fois
  • Salon de l’immobilier et de l’habitat à Lons-le-Saulnier (39) du 17 au 19 septembre
  •  Plus d'infos | 30-06-2010 | Vue : 95 fois
  • Salon Via Energies à Colmar (68) du 17 au 19 septembre
  •  Plus d'infos | 30-06-2010 | Vue : 98 fois
  • Salon Bio Respirez la Vie à Poitiers (86) du 17 au 19 septembre
  •  Plus d'infos | 21-07-2010 | Vue : 45 fois
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