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Eric de La Rochère – Arbocentre
« Il y a encore quatre ans, notre tâche consistait à informer, à rassurer, les particuliers sur le comportement du bois face au feu, aux termites. Aujourd’hui, le bois est un matériau voulu. On vient nous consulter avec un projet bois pour trouver le professionnel qui le réalisera. Mais les questions sur la pérennité et l’efficacité énergétique sont plus que jamais d’actualité : comment passer d’une RT 2005 (250 kWh/an) à une RT 2015 (15 kWh/an) ? Car, si l’isolation reste essentielle, c’est bien l’étanchéité à l’air qui fera la différence demain. Notre mission, c’est de faire prendre conscience aux entreprises, et aux architectes, des défauts dans les maisons actuelles pour les aider à ne plus les reproduire. Il s’agit de reconsidérer les méthodes de travail, la mise en œuvre, la qualité des matériaux employés. Nous avons mis en place des groupes pour faire évoluer les consciences autant que les connaissances. En janvier dernier, une charte de qualité est née. Sur les 90 entreprises concernées dans la région Centre, une quinzaine, déjà, est prête à la signer. En parallèle, nous essayons de leur faire franchir le pas de l’industrialisation, car pour répondre aux appels d’offres, de plus en plus nombreux, de réalisations de logements sociaux THPE, voire BBC, il faut avoir acquis le savoir mais être également en mesure de fournir la quantité. Enfin, nous réfléchissons aussi à l’étape d’après, la RT 2020. Pour construire des bâtiments à énergie positive (BEPOS), la mixité des matériaux est indispensable. Donc, tout en travaillant dans la filière bois, il faut rester ouvert aux autres secteurs. C’est aussi notre objectif. »
Olivier Boulay – Anoribois
« La construction bois se porte bien dans notre région, la demande continue d’être soutenue, surtout pour les agrandissements et les extensions. Elle est cependant contrastée d’un professionnel à l’autre, pour des raisons de notoriété ou de géographie. La part des constructions contemporaines est très importante : la maison à toiture-terrasse plaît particulièrement, elle s’associe à un développement notoire de la maison BBC voire passive. Nous encourageons évidemment les professionnels à utiliser les essences locales : étant une région de feuillus à 80 %, nous souhaitons développer l’usage de ces bois dans la construction. A côté du chêne et du châtaignier utilisés traditionnellement, il est aujourd’hui possible d’employer du hêtre en structure comme nous le montre des exemples récents en Suisse. Nous promouvons également le mélèze et le douglas en bardage, essences naturellement durables qui peuvent être employées sans traitement – certaines entreprises proposent par ailleurs des clins et des bardages en couleurs. Nous avons les ressources et la technique pour réussir dans ces utilisations, mais il faut désormais proposer une offre intéressante en mettant en place des outils de production avec un coût intéressant : le but est de garder notre bois (et non le vendre à l’exportation comme cela se fait beaucoup en Angleterre) pour nos propres construction… Nous sensibilisons ainsi les scieries. Par ailleurs, grâce aux lois du Grenelle qui ont été le départ d’un renforcement législatif, l’assise juridique de la maison bois est plus forte et nous rencontrons moins d’oppositions des mairies, de la DDE et des Architectes des bâtiments de France – ce qui pose le problème n’est pas tant le bois sinon l’architecture contemporaine en elle-même. Nous bénéficions même d’une bonne écoute de leur part, ils sont désormais réceptifs même sur les tons bois naturels. Certes, quelques maires sont encore réticents mais en général, la maison bois classique est aujourd’hui adoptée ».
Alain Rousset – Conseil Régional d’Aquitaine
Depuis un an maintenant, l’Aquitaine planche sur un projet ambitieux, un institut dédié à l’habitat durable de demain. Cet Institut national d’excellence facteur 4 (INEF 4), se propose d’accompagner la filière bâtiment, dans son obligation de diviser par 4 les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050. « La Région Aquitaine s’est fortement investie dans le projet, déposé au titre des Instituts d’Excellence des Energies Décarbonées (IEED). INEF 4 concerne la construction durable et il est fortement tourné vers le bois. Sa présélection par le Grand Emprunt est une fierté pour la Région ; nous allons nous mobiliser pour améliorer cette candidature et répondre au mieux aux conditions formulées par le jury » déclarait, en juin dernier, Alain Rousset, le président de la Région Aquitaine. Un institut aquitain pour imaginer l’habitat durable de demain, intégrant la filière bois nationale, L’enjeu est de taille puisque ce campus de l’innovation porté par le FCBA, Nobatek, l’université de Bordeaux, Promodul, GDF et soutenu par les pôles Xylofutur et Derbi, s’appuiera sur un budget de 100 millions d’euros sur dix ans (50 % Etat, 20 % collectivités, 30 % entreprises), s’il est retenu. Comme le signifiait, encore, le président de Région à l’occasion de l’assemblée générale de la Fédération Nationale du Bois qui s’est tenue, en juillet, à Bordeaux : « l’adhésion de nouveaux partenaires, issus notamment du secteur du bois, constitue un enjeu et un critère important qui devrait permettre au jury international de valider définitivement cette candidature ». Car si l’un des objectifs majeurs est de généraliser l’usage du bois dans le bâtiment, tant ses atouts environnementaux et techniques sont prometteurs, il s’agit également de valoriser les entreprises (notamment celles d’Aquitaine) qui contribuent à la reconnaissance de ce matériau dans la construction. Installé sur le domaine universitaire bordelais, le projet adosse la plateforme aux laboratoires de recherche du PRES et des grands organismes, ainsi qu’à l’IPB, à l’Ensam-Paritech, à l’école d’architecture, et à l’université de Pau. Elle sera constituée d’un centre de développement d’outils de formation, d’un « hôtel à projets » d’innovation technologique, d’outils de modélisation et de certification, d’une plate-forme d’expérimentation ainsi que d’une plate-forme pour l’analyse de performance énergétique et environnementale de modules de construction jusqu’à l’échelle 1 (représentation grandeur nature). Si les deux premiers lauréats de l’appel à projets (un lyonnais et un picard) ont été désignés en juin dernier, aucune décision n’a été officialisée en ce qui concerne les 6 autres projets ayant retenu l’attention du jury, dont le projet aquitain. Gageons que l’examen complémentaire répondra aux attentes des ministres de l’Ecologie, de la Recherche, de l’Industrie, ainsi que du commissaire général à l’Investissement.
Simon Teyssou – Atelier d’Architecture Simon Teyssou
« La construction bois en Auvergne se porte bien : elle suit l’évolution au niveau national, avec de plus en plus de demandes, introduit Simon Teyssou, architecte. Elle devient une vraie alternative à la construction conventionnelle, grâce surtout à l’évolution de la réglementation thermique. Au-delà des demandes du particulier pour des maisons individuelles et des connaissances des professionnels concernant la construction bois, les bailleurs sociaux s’y intéressent désormais, et les bâtiments publics sont eux-aussi concernés. Nous avons en effet plusieurs projets de maison en bandes, en bois (50 à Limoges par exemple).Nous réalisons surtout une architecture contemporaine, à l’opposé du rondin de bois : nous nous battons contre l’image du chalet. Notre leitmotiv : la maison ossature bois est un procédé constructif et non un style ! »
Parmi ses différents projets de logements basse consommation (BBC), en bande pour du logement social, industriel ou professionnel (cabinet dentaire, centre routier départemental pour Conseil Général du cantal…), l’Atelier d’Architecture Simon Teyssou réalise actuellement un petit immeuble de 400m2 en plein bourg du Rouget, comprenant trois logements et 200m2 de bureaux (les leurs !) : « Tout en structure bois, il a pour vocation de montrer qu’on peut habiter autrement qu’en habitat individuel d’une part, et que d’autre part, en milieu urbain, une maison en structure bois peut avoir un look moderne avec un revêtement en zinc par exemple ». Pour cet architecte, la construction bois implique une réflexion sur la question du bois : « Si on veut un bois impeccable sans nœud, on est obligés d’aller le chercher en Russie, en Allemagne… Au contraire si on aime les bois ‘imparfaits’, avec plus de défauts, des nœuds, on choisit, comme nous, des bois locaux. Nous aimons ainsi les structures en douglas ou en sapin des monts du Cantal, les bardages en mélèze ou en pin sylvestre local, et parfois du chêne et du châtaignier pour les parquets. Il est bon d’utiliser différentes essences dans un bâtiment pour valoriser les ressources locales ».
Laurette Vasina – Chalets Lombard Vasina
Forts de trente années d’expérience dans la construction bois, les Chalets Lombard Vasina occupent aujourd’hui une position reconnue dans la région. Des bureaux d’études aux menuisiers en passant par les charpentiers, les 27 employés imaginent et conçoivent entre 25 à 30 projets chaque année. Pour son adjointe de direction, Laurette Vasina, cette tendance reflète l’engouement des gens à se tourner vers un habitat plus propre. A ses yeux, « la filière bois se porte bien, et ce malgré la crise économique, même si le matériau est encore la cible d’une méconnaissance de la part du public. Cette tendance tend à s’inverser grâce au travail conjoint de certains organismes comme la FIBOIS 04-05 ou l’AFCOBOIS ». Laurette Vasina en veut pour preuve, le nombre croissant de communes qui autorisent désormais la construction bois. « En cas de réticence, nous pouvons proposer des alternatives qui mélangent le bois à la pierre. » Auparavant axée sur le madrier, la société a fait le choix de se tourner vers un système de construction plus contemporain : le poteau-poutre. Plus polyvalente, cette méthode permet une plus grande créativité. Sa structure intrinsèque en contrecollé autorise les grandes portées et les larges ouvertures, ce qui lui offre le privilège de choisir entre des lignes modernes ou plus traditionnelles.
Le constructeur opère principalement sur le département des Hautes-Alpes mais étend aussi son savoir-faire vers la Savoie, les Alpes Maritimes, la Suisse et même l’Italie. 99 % de ses réalisations sont en poteau-poutre. Dotée d’une grande liberté architecturale, cette technique s’adapte à toutes les régions. Toutes les pièces sont taillées sur mesure en atelier grâce à un outil à commande numérique. Très précis, il permet un assemblage plus rapide sur le chantier. Les Chalets Lombard Vasina peinent à trouver une qualité de bois suffisante sur le territoire, raison pour laquelle ils importent la majorité de leurs essences. Le Red Cedar provient d’Amérique du Nord et le Douglas contrecollé des pays européens (Autriche ou Allemagne). Pays de tradition bois, ils possèdent un plus grand recul sur les techniques de construction. Plus souple que les matériaux classiques, la construction bois gagne ses lettres de noblesse en jouant sur sa rapidité d’exécution, sa flexibilité et la pluralité de son esthétisme.
Nicolas Marot – Futurobois
« Dans le domaine de la construction bois, 2009 a été une année tampon. La crise n’avait pas encore impacté l’activité des entreprises grâce à des années précédentes euphoriques », explique Nicolas Marot, conseiller en construction bois chez Futurobois, l’interprofession de la filière bois en Poitou-Charentes. « En revanche, 2010 a été plus difficile : dans le privé, peu de maisons neuves ont été commandées, la préférence était à l’extension ou à la surélévation, et les gens ont fait jouer la concurrence pour tirer les prix vers le bas. Heureusement, les commandes publiques se sont bien portées et ont aidé les professionnels qui se sont positionnés sur ce type de marchés à maintenir un bon niveau d’activité. Pour 2011 cependant, la demande pour des maisons bois complètes rebondit». Mais Nicolas Marot constate une difficulté majeure pour les professionnels du bois : « Les particuliers ont pensé leur projet depuis longtemps, ont désormais réuni le budget pour le mettre en œuvre et souhaitent que ça démarre vite ! Les professionnels doivent donc faire preuve d’une grande réactivité et doivent jongler en permanence en termes de ressources humaines ».
Les forêts de la région sont essentiellement plantées de chêne (60 % de la surface boisée), puis de pin maritime (17 %) et enfin du peuplier et de châtaignier (autour de 10 % chacun), donc beaucoup de feuillus. « Or la partie structurelle des maisons bois est plutôt réalisée en bois scandinave », reprend Nicolas Marot. « Nos essences sont plutôt utilisées pour les menuiseries, l’aménagement intérieur et le bardage. Nous avons donc beaucoup de travail pour mieux valoriser ces bois locaux et c’est le rôle de Futurobois de les mettre en avant auprès des constructeurs. Enfin, j’aurais un vœu pieu à formuler : que les professionnels se fédèrent, se mutualisent, échangent et s’entraident, à l’image des démarches menées en région Pays de la Loire et Bretagne à travers le programme « Produire Plus Produire Mieux » : c’est primordial pour le développement de la filière. » Dans ce sens, Futurobois est l’animateur de la « Démarche qualité construction bois Poitou-Charentes » dans laquelle 18 entreprises se sont déjà engagées».
Christophe Montourcy – CM Bois & Habitat
« A 32 ans, j’ai souhaité voler de mes propres ailes ». C’était en mars 2007. Avec une expérience de 15 ans en construction bois et après avoir obtenu en 1995 un BTS en systèmes constructifs bois & habitat, Christophe Montourcy n’en part pas moins de zéro : « En installant l’entreprise au Fel, une petite commune aux confins de l’Aveyron et aux portes de l’Auvergne, j’ai créé un marché sur les deux territoires, avec deux employés et une secrétaire ». Quatre ans plus tard, avec 12 salariés (dont trois pour le bureau d’études), Christophe Montourcy souhaite aller plus loin. « Nous cherchons à améliorer la fabrication pour réduire les délais de pose, tout en minimisant le bilan carbone. » Il investit dans 400 m² d’ateliers supplémentaires et une commande numérique, « nous aurons ainsi 1200 m² uniquement dédiés à la construction de modules à ossature bois. Actuellement, nous travaillons avec des partenaires charpentiers afin d’effectuer la pose dans des secteurs géographiques éloignés de notre lieu de fabrication.» Assisté par le CRITT* Bois de Rodez, le gérant de CM-Bois & Habitat a pour autre objectif de mettre en place des journées professionnelles autour de la création de bureaux indépendants, conçus selon la norme BBC. Ces journées « portes ouvertes » porteront, entre autres, sur la réalisation de tests d’imperméabilité à l’air afin de contrôler la conformité des mises en œuvre. L’entreprise est adhérente à l’association AFCOBOIS.
*Centre Régional d’Innovation et de Transfert de Technologie.
Jérôme Sanchez – ADIB
La Franche Comté, ce sont quatre départements, le Doubs, le Jura, la Haute-Saône et le Territoire de Belfort. Cette région particulièrement industrialisée, (Alstom, Peugeot-Citroën) n’en possède pas moins un important massif forestier qui occupe 46 % de son territoire. Avec plus de 2 300 entreprises (dont 650 en construction bois) et quelque 12 600 salariés, la filière forêt-bois de Franche-Comté est aujourd’hui le 5ème employeur de la région. A ses côtés, l’ADIB (Association régionale pour le Développement de la forêt et des Industries du Bois en Franche-Comté), qui travaille dans le cadre du CAC Europe région et départements, compte près de 200 adhérents dont 65 pour le seul secteur de la construction bois-charpente.
« Nous avons pour mission de promouvoir le bois auprès du grand public. Nous venons de participer au salon de l’habitat de Besançon, et notre 3ème édition du mois de la construction bois, avec des portes ouvertes chez 18 de nos adhérents, se porte bien ». Jérôme Sanchez, professionnel du bois depuis une dizaine d’années, vient de rejoindre l’ADIB en tant que chargé de mission. « Nous organisons également de plus en plus de formations techniques à l’intention des professionnels. Avec les nouvelles règlementations thermiques, les stages orientés BBC, maisons passives et positives sont devenus indispensables. Et il leur faut maîtriser ces nouvelles technologies aussi bien en rénovation que dans le neuf. Pour certaines entreprises, cela signifie une vraie remise en question de leur métier ». L’ADIB a mis en place ces formations dès 2008. « La proximité des frontières suisses et allemandes influence nos professionnels dans le bon sens. Mais nous assistons à une réorganisation du marché local : les entreprises de charpente s’orientent vers la rénovation et se spécialisent en extensions-surélévations, d’autres entreprises de construction bâtissent des pavillons. En parallèle, de grosses entreprises se développent ; elles ont le matériel industriel, le personnel pour s’attaquer à de nouveaux marchés dans le tertiaire et le logement collectif notamment ». Autre développement de la filière, celui des scieries : « actuellement, nous importons encore 65 % de nos bois de structure. Nos forêts nous fournissent le complément. Mais la tendance est en train de s’inverser. Des entreprises historiques s’équipent pour produire du bois calibré et parfaitement séché. Le contrecollé abouté, le lamellé collé pourraient devenir des produits locaux ».
En 2009, 932 constructions bois en ossature ou en madriers ont été produites dans les ateliers franc-comtois, 689 pour la région, 243 commandés par des clients bourguignons, de Haute-Savoie ou encore alsaciens. « Dans les prochains mois, nous allons développer des cessions orientées vers l’urbanisme ; comment réhabiliter et re-densifier nos centres de villages, nos cœurs de quartiers et de villes avec la construction bois. Réaliser de la construction bois dans un concept global, en mettant l’accent sur les éco-quartiers, les éco-lotissements, cela ouvre bon nombre de perspectives… »
Michel Voisin – Arcadial
« Voici une idée du marché du bois en Pays de Loire : j’ai commencé en 1986 avec la construction d’une seule maison… et l’année dernière, Arcadial en a réalisé 82 ». Michel Voisin, constructeur de maisons bois en Vendée, est un des plus anciens dans ce domaine dans la région, un précurseur. L’ossature 170 mm (contre un standard de 120 ou 145 mm) est sa spécialité. « En Pays de Loire, le secteur bois est en train de se développer, même si nous n’avons pas de forêts pour nous fournir le bois (chez Arcadial, nous le faisons venir du nord de l’Europe, le bilan carbone est ainsi meilleur qu’en provenance du Jura !). En 2005, il y avait une quinzaine d’entreprises intervenant dans les murs à ossature bois alors qu’aujourd’hui il y en quatre fois plus. L’évolution s’est faite de manière spectaculaire sur les cinq dernières années… Les maisons bois représentent en Pays de Loire 9 % des maisons individuelles. On note par ailleurs de nombreuses demandes de surélévation/extension, mais peu d’élus car le prix atteint 1500 à 2000 € le mètre carré, sans la sécurité du contrat de construction… Cependant le marché du bois est aujourd’hui souvent hors cadre juridique : trois maisons dites traditionnelles (parpaing/brique) sur quatre sont construites avec le CCMI* pour seulement une maison bois sur cinq… »
Michel Voisin constate également que sur le site Afcobois, aucune distinction n’est faite entre les charpentiers, menuisiers et les vrais constructeurs : « Cela peut induire les maîtres d’ouvrages en erreur, il me paraît important que les instances nationales et régionales accentuent cette différence… Le contrat de construction est essentiel car il donne toutes les garanties. Sans contrôle pour dénicher les faux constructeurs, il est très dangereux de signer un contrat débouchant sur des maisons bois incomplètes. La sérénité est essentielle quand on fait construire sa maison… Rappelons que le slogan d’Arcadial est la maison sereinement bois ! » Après trois années de progression de 30 % par an, l’année 2009 a montré un léger recul mais le nombre de commandes est remonté au-dessus de celui de l’an dernier dès les premiers mois de 2010, avec même 30 à 40 % de plus. « En Pays de Loire, tous les styles se côtoient : l’ardoise, la tuile et de plus en plus de maisons contemporaines avec des toitures végétalisées, des toitures-terrasses avec films photovoltaïques. Nous venons d’ailleurs de livrer, fin juin, la toute première maison bois positive en Vendée : au lieu de dépenser de l’énergie, elle en récupère pour environ 550 €/an ! Nous avons aussi une maison très contemporaine (voir photos) qui produit 2300 € de plus par année… »
*Contrat de construction de maison individuelle
Denis Loy – Loy & Cie
L’entreprise est représentative de l’évolution de l’activité bois dans la région : fondée au début des années 50 par Gustave Loy, charpentier-forgeron, elle se compose d’un atelier attenant à l’habitation et tourne avec un salarié et un apprenti. Treize ans plus tard, la menuiserie générale vient se rajouter à la charpente ; l’entreprise acquiert de nouveaux locaux, s’informatise lors du passage de relais entre père et fils (Denis, aujourd’hui à la tête de l’entreprise), s’informatise et se lance, il y a 5 ans, dans l’ossature bois. « Tous secteurs confondus, nous sommes aujourd’hui 29 salariés. Nous disposons désormais d’un atelier de préfabrication. Nous y pré-assemblons 95% des éléments. En 18 mois, nous avons réalisé l’équivalent de 15 maisons». Fabien Hosteins, est le conducteur de travaux des projets bois, « Il est vrai que nous réalisons d’avantage de chantiers en marché public que pour des particuliers. Nous avons pris l’habitude de travailler aux côtés des maîtres d’œuvre, des architectes notamment, sur la finalisation des dossiers en appel d’offres». L’entreprise s’est très tôt intéressée aux isolants naturels et propose systématiquement de la laine de bois en isolation principale. « Deux chantiers sur trois sont isolés par l’extérieur, en fibre de bois ». En ce qui concerne les essences utilisées en bois de structure, Loy & Cie a une préférence pour les résineux du Nord « le séchage des bois scandinaves est, pour l’instant encore, le meilleur ; et, à qualité égale, ces bois sont moins chers que ceux qui nous sont proposés en France. Mais les prix sont en train de grimper ; nous avons déjà connu une augmentation de 10% au début de l’année et l’on nous en promet encore autant en septembre… ». D’ici quelques jours, l’entreprise mettra en route la fabrication de 33 logements collectifs, soit 700 m² ; « une résidence universitaire tout en bois massif, un vrai plaisir ! »

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