NUMÉRO 90 Numérique

3,90

Allons plus loin !

 

Il est admis par les instituts de recherches européens sur le bâtiment qu’il est parfaitement possible de se passer de système de chauffage classique, sans pour autant être impacté dans son confort quotidien. Cet état a, il y a quarante ans, été mis en pratique en Autriche, notamment dans le Vorarlberg, où un “ collectif ” d’architectes a voulu penser différemment la fabrication d’un bâtiment. En Allemagne aussi, les principaux constructeurs de maisons individuelles, ont fait du passif, leur norme de construction. La France, elle, semble découvrir l’intérêt – mais pas la nécessité, ne soyons pas trop ambitieux – de construire un habitat suffisamment bien pensé pour se passer d’apports énergétiques d’origine non renouvelable. C’est vers quoi va tendre la prochaine réglementation environnementale, prévue pour 2020. Une règlementation qui prendra en compte notamment des critères du Passivhaus Institut et ajoutera la notion de coût carbone. C’est-à-dire le coût, en carbone, de la fabrication de tous les matériaux qui composent le bâtiment, dans le but de réduire les émissions de gaz à effets de serre, responsables du dérèglement climatique. Dans ce numéro, notre dossier sur la maison passive aborde aussi la notion de production d’énergie afin que l’habitat de demain produise plus d’énergie qu’il n’en consomme, qu’il devienne positif ! Dès lors, la question du budget d’une maison aussi vertueuse résonne. Le coût de fabrication est certes plus élevé, mais la question se pose également dans ces termes : combien coûtera la rénovation énergétique de votre maison dans 15 ans ? Ou combien d’économies seront réalisées sur les factures de chauffage pendant la durée de vie de votre maison ? Dans les deux cas, l’investissement reste plus intéressant que la consommation. Et à l’heure où l’État finance, à coup de milliards, la rénovation des bâtiments, il faudrait peut être songer à aider financièrement ceux qui optent pour une construction raisonnée, économique, durable et confortable.

Bonne lecture !

 

Maxime Kouyoumdjian-Simonin

Fondateur – Rédacteur en chef