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Parquet : l’esthétisme avant le prix

Dans la continuité de notre dossier “Parquet”, à lire dans notre magazine n°83 (décembre-janvier), tour d’horizon de l’image et de la perception des Français vis à vis du parquet, avec l’étude de l’Union française des fabricants et entrepreneurs de Parquets (UFFEP), publiée ce jeudi.

L’Union française des fabricants et entrepreneurs de Parquets (UFFEP), avec le soutien financier de France Bois Forêt, a commandé au cabinet Développement Construction une étude “prospective parquet”, destinée à comprendre le cheminement décisionnel, le comportement d’achat et les attentes des Français pour leurs revêtements de sols.

Selon cette étude, les particuliers choisissent d’abord sur un critère esthétique, puis sur l’entretien, et enfin regarde le prix.

Le critère environnemental n’est pas encore systématiquement pris en compte dans le choix des revêtements de sol, mais « son importance ne cesse de croître », selon l’étude. Les particuliers prennent très rarement en compte la chaîne de production utilisée en amont. Ils pensent plutôt à leur santé et à l’impact sur l’air intérieur. Les profils les plus sensibilisés disent porter une attention particulière aux colles et produits de finitions utilisés.

Toutefois, un fossé sépare les secteurs résidentiel et non résidentiel : les particuliers souhaitent un revêtement de sol qui ne soit pas néfaste à leur santé ; pour les clients professionnels, c’est une préoccupation minime car leurs choix sont davantage orientés “budget”. Malgré tout, l’existence de normes européennes et françaises impose un cadre minimum, ce qui reste rassurant.

Le choix du parquet, pas évident

Par rapport aux autres revêtements de sols (carrelage, vinyle, stratifié), le parquet n’est pas en très bonne place si on tient compte de l’entretien et du prix, deux des trois critères déterminant l’achat des Français. Pour sa mise en œuvre, il apparaît « moyennement placé », mais toujours mieux que le carrelage. En revanche, il arrive largement en tête en ce qui concerne sa durabilité.

Dans le résidentiel, le parquet est perçu comme parfaitement adapté aux séjours, chambres, bureaux et couloirs, peu adapté aux entrées et inadapté aux cuisines et salles de bains. Une perception qui semble confirmer un manque d’informations sur la possibilité d’utiliser des parquets dans ces deux pièces, à condition de bien choisir le bois.

Le parquet est choisi pour l’esthétique, l’investissement sur le long terme (durabilité), le caractère chaleureux, noble et authentique du matériau, la facilité d’entretien, la caractère sain et qualitatif du bois. Quand il n’est pas choisi, les arguments soulevés sont les difficultés de pose, des contraintes d’usage ou techniques liées à la destination ou au chantier, le prix, l’esthétique irrégulière et le vieillissement dans le temps.

Dans le non-résidentiel, le parquet est perçu comme parfaitement adapté aux salles de sport et de spectacles, peu adapté aux hôtels, commerces et restaurants et inadapté aux bureaux et bâtiments tertiaires. Il est choisi pour l’esthétique, le caractère chaleureux du bois, la valorisation de l’existant. Quand il n’est pas choisi, les arguments avancés sont la fragilité du matériau, le prix et l’entretien difficile.

Le made in France, un critère peu déterminant

Si le bois reste plébiscité par nombre de Français pour son coté chaleureux, doit-il provenir forcément de France ?

Pour les consommateurs, la réponse est non. « Il existe un différentiel important entre la volonté affichée et l’acte réel d’achat. Cette différence peut se résumer en un seul mot : le prix », soulignent les auteurs de l’étude.

Ainsi, un quart des particuliers se disent sensibles au Made in France : synonyme d’achat “patriotique”, de gage de qualité et de réduction de l’empreinte carbone. Mais ils ont en réalité une faible connaissance spontanée des labels du parquet. « Ils ont vaguement entendu parler du marquage CE, des classes d’usage et de la certification PEFC, et ils n’en ont qu’une compréhension succincte », relève l’étude.

Quant aux professionnels, les avis sont plutôt mitigés entre des distributeurs « sceptiques » et des poseurs « très sensibles » à la qualité et au savoir faire français. La difficulté reste dans la définition même du Made in France : est-ce qu’il s’agit de bois français utilisé pour réaliser les parquets ou de parquets usinés en France ?

Une demande qui évolue « positivement »

Quoi qu’il en soit, la demande en parquet français évolue « positivement ».

« Il existe un réel engouement pour le parquet : les professionnels reconnaissent une demande marquée vers les contrecollés, les lames larges, les aspects vieillis et naturels, les parquets huilés ou vernis mats », détaille l’étude. Les mentalités évoluent aussi en faveur de “l’écofriendly” : des réglementations de plus en plus strictes orientent vers un choix de produits plus respectueux de l’environnement.

Alors que sur le marché parisien, le parc existant de parquets arrive à son terme, les potentiels clients ont des attentes marquées.

Les particuliers attendent notamment des fabricants de parquets une amélioration des produits (diversification de l’offre, simplification des systèmes de pose), une meilleure visibilité (une offre moins basique et mieux mise en avant dans les GSB, davantage de showrooms) et plus de services, dans une approche plus dynamique (des SAV efficaces, des outils d’aide à la pose, une communication moderne et digitale).

Dans tous les cas, tous les acteurs attendent une mise en valeur du label “Parquets de France” et souhaiteraient l’intervention d’un organisme indépendant et reconnu afin d’apporter une légitimité au label.

Photo : Claire Thibault

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