Chauffage au bois : toujours plus de choix

Cheminée ? Poêle ? Avec la généralisation des inserts dans les cheminées et l’esthétique renouvelée des poêles grâce aux vitrages, le spectacle de la flambée bois est accessible à tous, dans le respect de l’environnement et de la performance thermique.

L’installation d’un foyer ou d’un insert à bois doit être réalisée suivant les exigences de la norme NF DTU 24-2 de décembre 2006.

Pourquoi pas une cheminée ?
Pour profiter d’une solution de chauffage efficace parfaitement intégrée à votre intérieur ! Pas de tuyau apparent, une finition parfaite adaptée à votre habitation… La cheminée est voyante autant qu’elle peut être discrète.

Encastrées ou adossées au mur, elles masquent le tuyau de fumée et les gaines afin d’amener l’air chaud dans plusieurs pièces. En plus des nombreux habillages proposés, elles peuvent accueillir différents foyers pour bénéficier d’une puissance et de caractéristiques adaptées (porte relevable en fonctionnement, large vision du feu…) pour le juste confort. Elle se révèlent être, en plus, un excellent moyen de gain place, associant le design au compact.

Foyers fermés et inserts
Ils sont conçus pour équiper les âtres ouverts. Ils transforment ainsi un feu plaisir en une cheminée à foyer fermé, permettant d’atteindre des rendements supérieurs à 70%. Les inserts sont des foyers fermés conçus pour être insérés dans une structure existante (l’âtre d’un foyer de maçonnerie traditionnel). Quand il s’agit d’un foyer fermé, c’est un habillage moderne qui permet d’intégrer l’appareil au bâtiment.

L’insert est conçu et développé dans le but de s’insérer dans la cheminée en minimisant les travaux nécessaires. À l’inverse, un foyer, conçu pour construire une cheminée neuve, ne pourra pas être installé dans une cheminée existante… à moins de détruire et reconstruire.

Contrairement aux cheminées à foyer ouvert, avant tout décoratives et peu efficaces en termes de performances énergétiques (rendement inférieur à 10 %), les foyers fermés et les inserts font parties des systèmes de combustion du bois les plus performants, comme les poêles à bûches. Ils sont munis d’un système de combustion de pointe, de portes fermées en vitrocéramique et d’un échangeur de chaleur.

Il est également possible d’associer un insert à un système de distribution d’air chaud qui apportera de la chaleur dans d’autres pièces du logement.

Plutôt un poêle à bois bûche ?
Lors de l’installation d’un poêle, il est important de le placer judicieusement afin que la répartition de la chaleur générée exclusivement par rayonnement soit optimisée et minimise la consommation des autres systèmes de chauffage de l’habitation. Les poêles à bois actuels sont munis d’arrivées d’air primaire* et secondaire*, d’une vitre, d’une évacuation de fumées et de chambres de combustion primaire et secondaire. Le rendement des poêles modernes se situe entre 70 et 85 % avec une autonomie de 5 à 12 heures voire plus.

La puissance et le rendement sont déterminants dans le choix d’un poêle

Trop puissant pour l’habitation, un poêle aura tendance à fonctionner au ralenti et pourra à terme s’encrasser. Pour éviter les surchauffes et les écarts de température importants avec le reste du logement, la puissance du poêle à bûches doit être calée sur les besoins de la pièce, jamais sur ceux de la maison.
Exemple : si le poêle est très puissant, il va monter facilement à 25 ou 30 °C dans la pièce à vivre et il fera à peine 17 °C dans la pièce à côté.

Trop faible, il va surchauffer en permanence et pourra à terme augmenter l’usure de l’appareil.

Pour un rendement correct, le poêle à bûches doit fonctionner à plein régime. Il ne faut jamais fermer les arrivées d’air pour qu’il chauffe moins. Ses performances se dégradent dès qu’il fonctionne au ralenti : son rendement chute, il consomme plus, il s’encrasse, le conduit d’évacuation des fumées aussi et la pollution augmente. Les rendements indiqués sur les appareils valent pour un fonctionnement à pleine puissance.

La taille des bûches, 25/33/50 cm suivant l’appareil, a aussi un rôle à jouer :

Les petites bûches réduisent facilement la puissance dégagée, montent aussi facilement en puissance.
Les grandes bûches réduisent la fréquence de chargement et assurent une montée en puissance rapidement.

La vision des flammes (horizontale, verticale ou carrée) contribue au style et au design du poêle. Elle impacte aussi sur la taille du combustible et la façon de charger le bois. Quand un large poêle en vision horizontale pourra être chargé en bûches de 50 cm couchées, un petit poêle à vision verticale sera lui chargé en bûches de 33 cm debout.

Chauffage principal ou d’appoint ?
Pour un chauffage principal, le poêle de masse (poêle à accumulation ou à inertie) est le mieux adapté. Lourd et massif, il marche à plein régime puis restitue lentement – jusqu’à 24 heures – la chaleur accumulée grâce à ses matériaux – faïence, roches volcaniques ou briques réfractaires. Son rendement est élevé, mais c’est un choix qui se fait à la construction ou en réhabilitation importante, car pour une bonne diffusion de la chaleur, il se place au centre du logement et à proximité de la cage d’escalier si on veut chauffer l’étage.

À l’exception des poêles de masse, les poêles à bûches peuvent difficilement chauffer tout un logement. Ils sont utiles en complément de chauffage ou en remplacement d’un vieil appareil.

Turbo ou double combustion ?
Pour atteindre le rendement minimal de 70 % exigé par le label Flamme Verte et indispensable pour obtenir le crédit d’impôt, il faut une arrivée d’air secondaire qui permette de brûler les gaz résiduels de la combustion du bois au lieu de les évacuer directement par le conduit de fumée, comme le font les poêles classiques. Cette deuxième phase de combustion, ou postcombustion, génère le plus de chaleur. Souvent, c’est la même prise d’air qui est répartie sur deux entrées différentes dans le poêle. Les poêles turbo et les poêles à double combustion fonctionnent sur ce principe.

Les poêles turbo disposent d’une seule chambre de combustion. L’entrée d’air secondaire qui permet de brûler les gaz se fait à mi-hauteur. Ces poêles montent assez vite en température, ce sont les plus rapides pour réchauffer une pièce grâce à leur ventilateur.

Les poêles à double combustion comportent deux chambres de combustion distinctes. Celle de postcombustion se situe à l’arrière du foyer. Ce dispositif améliore le rendement, il est plus élevé que sur un poêle turbo.

*L’air primaire alimente la base des flammes pour assurer la combustion du bois, tandis que l’air secondaire assure la combustion des gaz dans le foyer.

Si la tendance est aux appareils qui font la part belle aux flammes, la recherche de la performance est l’élément moteur de l’acquisition. Inégalables pour leur confort d’utilisation, leur autonomie, leur alimentation automatique, la régulation de la température et les possibilités de programmation, les poêles à granulés, appelés aussi poêles à pellets, offrent les meilleurs résultats. Ces indiscutables points forts ajoutés au crédit d’impôt expliquent la progression des ventes, passant de quelques milliers de pièces en 2009 à plus de 90 000 en 2014.

Poêles et inserts à granulés
Cette technologie possède l’avantage de gérer l’alimentation de l’appareil de manière automatisée grâce à un système électronique et un petit silo intégré à l’appareil. Ces équipements peuvent également être programmables, avec une autonomie de deux à trois jours, en usage normal.

Différents systèmes sont proposés pour transmettre la chaleur soit par rayonnement et/ou par convection naturelle, soit par rayonnement et convection forcée pour une diffusion rapide de la chaleur dans une ou plusieurs pièces. Certains modèles de poêles à granulés peuvent également être raccordés au chauffage central.

Poêle étanche
Toutes les maisons construites à partir de 2013 doivent respecter les normes de la RT 2012, avec des objectifs particulièrement élevés en matière d’isolation et d’étanchéité à l’air (50 kWhep/m²/an).

Pour une maison individuelle le débit maximum de fuite autorisée est de 0,6 m3/h sous 4 Pa de pression. Les fuites d’air doivent donc être limitées à tout prix. Or, les poêles nécessitent une arrivée d’air pour amener de l’air “comburant” dans l’appareil de chauffage à bois. Il y a là un risque de fuite.

En faisant venir de l’air de l’extérieur directement dans le poêle sans passer par la pièce où se trouve l’appareil, les professionnels ont trouvé la solution : une installation étanche. Plus besoin d’arrivée d’air dans la pièce à côté du poêle, le conduit va directement chercher l’air dont il a besoin, à l’extérieur. Cela concerne les poêles à bois comme les poêles a granulés, avec des performances optimales pour ce dernier.

Le poêle est dit « étanche », parce que le circuit jusqu’à la chambre de combustion est hermétique. Il n’y a pas d’air à pénétrer dans le poêle autre que de celui amené par le conduit d’amenée d’air. La porte est aussi hermétique. C’est pour cela que la majorité des portes sont en fonte, qui ne se déforme pas, contrairement à l’acier. Pour l’instant, encore peu de modèles ont la certification « poêle étanche » du Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB).

Conseil de professionnel : préférer un appareil de (très) petite puissance. Pour chauffer des pièces éloignées, les options “poêle bouilleur” (hydro poêle) ou à air chaud canalisé sont recommandées.

Texte Serum Presse -Mireille Mazurier

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