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Paroles de Pros en Limousin

En Limousin, le taux de boisement est très élevé avec 33%, soit 570 000 hectares couvrant le territoire régional.
Désormais rattachées au territoire de la Nouvelle Aquitaine, La région Limousine composent l’un des centres de production forestier les plus important de France.

Même si le territoires doit faire face à une difficulté typique de la forêt française : le morcellement excessif des propriétés. Quatre hectares, c’est, en Limousin, la surface moyenne de forêt privée détenue par chaque propriétaire. Dans cette région, la forêt privée représente 95% de la globalité des boisements. Une difficulté que l’interprofessions, BoisLim, espère bien pouvoir atténuer d’autant que le reste de la filière bois, scieurs compris, tirée pas le secteur de la construction bois, est en plein développement.

Hugues PETIT- ETIENNE, Délégué et Prescripteur Bois Construction / interprofession BOISLIM
http://www.constructionboislimousin.com/

« Nous manquons de données régionales précises sur l’ensemble des permis de construire, mais nous constatons que le bois est de plus en plus présent, surtout dans les bâtiments publics. Les formations, ateliers et visites de construction bois nous ont permis de fidéliser de plus en plus d’acteurs potentiels, architectes, promoteurs… nous accueillons régulièrement de nouveaux participants, des élus notamment. Quelques 50 réalisations ont candidaté au Palmarès de la Construction Bois 2016 en Limousin ! Notre propos, comme celui de nos homologues de France Bois Région, est de mettre l’accent sur le bois local. Chez nous, les acteurs se sentent de plus en plus concernés, les scieries suivent. Nous avons mis en place un catalogue qui recense tous les produits locaux afin d’interpeler les architectes. Nous incitons les entreprises à répondre aux demandes de normes, de classements. Bien que nous ne disposions pas de chiffres précis, nous avons conscience que la filière a gagnée en facilité de travail. La mise en lien des différents professionnels de la chaîne semble fonctionner. Les élus sont de plus en plus sensibles et de nouveaux projets bois voient le jour. Nos prochaines missions vont porter sur la rénovation. Là encore, toute la filière est concernée, avec des projets d’envergure. Il va aussi falloir que nous nous penchions sur les fiches FDES. Les analyses de cycle de vie, les informations sanitaires sur les produits bois seront obligatoires pour la prochaine Règlementation Thermique, en 2020».

Nicolas BALMY, Architecte DPLG – Agence Spirale Nicolas Balmy architecte associé – LIMOGES (87)
http://www.spirale-architectes.fr/

« Pour moi, 2016 est une année qui s’inscrit dans la continuité des précédentes. Le désir continue de progresser bien qu’un des freins récurrents reste le même : c’est celui du vieillissement des bardages. En revanche, l’ossature bois est (désormais) adoptée par tout le monde. Les maîtres d’ouvrage sont convaincus par les techniques de construction et le mur à ossature bois arrive à rivaliser avec le mur en parpaings sur le plan économique. Localement, la filière s’est vraiment organisée pour offrir une réponse à la demande. L’interprofession, BoisLim, a bien vu les choses en réussissant à fédérer toutes les parties de la filière. Nous-mêmes participons régulièrement aux ateliers, au Palmarès de la Construction Bois. Nous avons d’ailleurs été primés dans plusieurs catégories et notamment pour la réalisation des premiers logements BBC à Limoges. Une construction mixte bois-béton avec une trame porteuse en poteaux-poutres. Nous avons travaillé avec du douglas local sans traitement. Nous avons aussi rénové un château en ruines en intégrant une structure en châtaigner, dans les espaces à reconstruire. Entre mon premier chantier bois, une petite salle de fête en ossature bois au bord d’un lac de Haute Vienne, et aujourd’hui, 21 ans se sont écoulés. Et pourtant, ce n’est que depuis sept/huit ans que la construction bois s’est généralisée. Cette année, elle intervient dans plus de 50% de nos projets ».

Sébastien CLAVEYROLAT, Architecte – USSEL (19)
s.claveyrolat.archi@bbox.fr

« Je suis un adhérent de l’interprofession BoisLim. Pour moi, travailler avec des essences locales, au cœur de la Creuse et de la Corrèze, avec la forêt à ma porte, cela tombe sous le sens. Pourtant, cela pourrait paraître surprenant, car le Limousin est d’abord une terre de tailleurs de pierre, d’habitats maçonnés. La construction bois est encore regardée avec une certaine méfiance : le bois, ça brûle, ce n’est pas une construction « en dur » … Les temps changent, j’ai de plus en plus à faire avec une clientèle sensibilisée à la protection environnementale, à l’écologie. Pour l’instant encore, le bois ne participe que pour 30% à mon activité professionnelle. Ce sont surtout aux collectivités auxquelles il est plus aisé de le proposer et, qui peuvent permettre de montrer ce que peut être la construction bois et être le moteur de la popularisation de ces techniques. Auprès des particuliers, ce sont les extensions qui séduisent. Ce sont les murs préfabriqués en ateliers, livrés directement sur le chantier et assemblés en quelques heures seulement, qui emportent le marché en offrant des solutions techniques très adaptées. C’est peut-être par ce biais que viendront les projets de maison bois ».

Jérôme LARGEAU, Gérant SARL Largeau – SAINT-ANGEL (19)
http://maisons-bois-largeau.fr/

« La construction de maisons en rondins est un peu un marché de niches. Nous ne sommes que quelques constructeurs en France et notre activité ne se ralentit pas. Pour l’entreprise, 2016 aura été une bonne année d’autant que nous avons créé un site de production supplémentaire avec deux nouveaux salariés. Cela fait 18 ans que je travaille dans le rondin, le travail n’a jamais manqué. C’est vrai que le passage à la RT 2012 a nécessité quelques adaptations dans la conception de nos maisons. Étude thermique à l’appui, nous avons renforcé notre isolation en doublant les murs lisses (cuisine, salle de bains) conformément au Bbio. Nous avons aussi rendu étanches les murs en rondins. Nous avons actuellement un carnet de commandes rempli jusqu’au printemps 2017. Sur l’année, les contrats signés concernent la région Auvergne Rhône-Alpes, bien sûr, mais nous avons également un chantier dans le Lot-et-Garonne et un autre en Baie de Somme. La Corrèze est un département très central et le rondin a ses amoureux dans tout l’hexagone. C’est bon pour nous ! »

Texte : Serum Presse – Mireille Mazurier- Maxime Kouyoumdjian

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