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B comme bois – Une goutte d’eau au service du bois

Dessiné par le cabinet d’architecte nantais Barré-Lambot, le Bâtiment B, cet immeuble de bureaux de 1 500 m 2 BBC en R+3, offre à la filière bois des Pays de Loire, la vitrine qui lui faisait encore défaut : c’est là, à l’intérieur d’une enveloppe tout en pin Douglas, à la silhouette remarquable, que se retrouve, depuis 2013, Atlanbois, les directions régionales de l’ONF et de l’UNIFA (1).

Une ellipse en poteaux-poutres et verre, revêtue d’un élégant manteau de vantelles dont le déroulé crée un effet cinétique, la ligne est singulière. « C’est la parcelle qui a dicté la forme du bâtiment. Situé à l’entrée ouest du quartier de la création sur l’Ile de Nantes, le terrain de 770 m ² était triangulaire, avec un voisinage très proche. Le Centre des Arts Graphiques est à 13 mètres à l’est; au nord, à peine plus éloigné, se trouve un immeuble de parking et à l’ouest, de l’autre côté du boulevard, les salles des Musiques Actuelles. Une goutte d’eau venant tangenter les trois côtés nous a semblé couler de source », explique l’architecte Philippe Barré, « tout comme la structure bois bioclimatique et économe en énergie ». Pour autant, le Bâtiment B innove avec sa façade unique,  sa structure poteaux-poutres apparente, en lamellé-collé d’essences de bois locales (pin Douglas, chêne), préfabriquée dans les ateliers  Le Duramen en Vendée et ACB en Anjou; il innove encore avec l’utilisation de matériaux naturels tant dans la conception du lieu que pour son fonctionnement ultérieur. Au cœur du bâtiment, dont la pointe est orientée au sud, un atrium de 110 m ² fait office de salle de réunion / lieu d’exposition. Les bureaux, répartis dans les étages (320 m ² pour Atlanbois/Unifa, 640 m ² pour l’ONF), tournent autour de ce vide, bénéficiant à la fois de la lumière qui le traverse de tous côtés, et de la circulation des flux d’air frais, l’été.

Enfin, la structure est couronnée par une terrasse autour d’une verrière centrale.Technique obligatoire sur l’Ile de Nantes, compte tenu de la nature des terrains limoneux en bordure de Loire, la dalle béton est portée par des pieux. Enfoncés à 26 m de profondeur, ceux-ci sont espacés tous les 2,70 m sur le périmètre du bâtiment afin de reprendre la descente de chacun des 30 portiques haut de 15 mètres. Poteaux et traverses supportent la couverture, les murs extérieurs, ainsi que les planchers collaborant bois-béton. Ces derniers viennent s’accrocher sur deux noyaux durs en béton (cage d’escalier/ascenseur et conduit de ventilation en V) qui participent aux efforts de structure. Situés à chacune des extrémités du bâtiment, l’ascenseur et la colonne en V assurent le flux de ventilation naturelle dans l’atrium, où l’air frais est régulé par la verrière qui le domine. La transparence du rez-de-chaussée, à l’ouest, ouvre l’espace d’exposition sur la rue, interpellant le passant. En façade de bureaux, en revanche,  le projet prévoyait l’installation, à intervalle régulier, de panneaux  bois (ossature en épicea, bardage Douglas, menuiseries chêne). Ils alternent avec de hautes fenêtres ouvrantes. Un même double vitrage a été choisi pour l’ensemble des parties vitrées.» Une étude en triple vitrage a été menée pour certaines parties du bâtiment notamment au Nord. Mais cette disposition onéreuse n’améliorait pas de manière significative les performances du bâtiment, compte tenu des menuiseries en chêne mises en œuvre ».

A l’extérieur, les vantelles officient en tant que brise-soleil. Longues de 13 m, elles sont supportées par une structure métallique légère, décalée de 50 cm par rapport à la façade. L’orientation de ces éléments fixes, ainsi que leur espacement, est fondée sur des tests de  simulation thermodynamique effectué par un bureau d’études techniques. Le confort d’été du bâtiment a été extrêmement soigné ; les concepteurs ont associé à la circulation d’air frais et aux protections solaires optimisées, une isolation adaptée : à l’intérieur des caissons de bois des panneaux de façade, 200 mm, en deux couches croisées, d’un mélange chanvre/ouate de cellulose (Biofib’ de Cavac Biomatériaux) permettent d’afficher une résistance thermique de 5 par m ² K/W. En complément, 60 mm de laine minérale sont apposés, à l’intérieur des locaux, dans l’épaisseur du revêtement de Placoplatre ®. En période hivernale, le bâtiment est chauffé par deux chaudières à bois. Autre confort intérieur bienvenu, l’isolation acoustique dont le traitement a été prévu en plafond dans les circulations ainsi que dans la salle de réunion du rez-de-chaussée. Dans les étages, un linoléum avec sous couche renforcée est fixé sur les planchers collaborant  afin d’absorber les bruits d’impacts.

Enfin, il est bon de noter l’utilisation faite des différentes essences locales employées. Ainsi, si la structure et les vantelles sont en pin Douglas non traité, le chêne a été retenu pour l’ensemble des menuiseries extérieures et comme fourrures de portiques leur assurant la stabilité au feu requise. A l’intérieur, des tasseaux de frêne, peuplier et hêtre constituent l’habillage du sas d’entrée.

Enfin, le bois exotique est présent  par petites touches, dans les huisseries.

 

« Ce projet, c’est, pour nous, l’occasion de démontrer les potentialités du bois pour la construction d’un bâtiment public en centre urbain ». Philippe Barré peut s’estimer satisfait : son projet a manifestement été convaincant puisqu’il a conduit le jury régional des Pyramides d’argent à attribuer le Grand Prix de l’Innovation 2012 à son promoteur, ADI. Les trois structures composées d’Atlanbois, de l’UNIFA et de l’ONF ont rejoint leurs locaux, dès mars 2013.

Texte : Mireille Mazurier

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