Qu’est-ce qu’une isolation thermique par l’extérieur ?

L’isolation thermique par l’extérieur (ITE) regroupe un ensemble de techniques d’isolation, utilisées en neuf comme en rénovation. Elle permet à l’habitat de consommer moins d’énergie et de réduire significativement ses émissions de gaz à effet de serre. Détails sur cette “seconde peau” du bâtiment, qui revêt bien des aspects techniques.

L’ITE : un mille-feuille technique

Isoler par l’extérieur, cela consiste à envelopper le bâti d’une “seconde peau”. Celle-ci se compose de plusieurs matériaux, mis en œuvre comme un mille-feuille.

L’ossature d’une isolation thermique par l’extérieur

Qui dit isolation thermique par l’extérieur doit penser en premier lieu à l’ossature. Dans le cas de l’ITE, où l’isolant atteint facilement 20 cm, sous forme plus ou moins rigide, les équerres de bardage et leurs fixations se sont adaptées aux besoins. Les équerres permettent la fixation des chevrons qui constituent l’ossature secondaire. Cette ossature est déportée du mur et sert de support aux revêtements de type bardage.

Plusieurs isolants possibles

Les isolants semi-rigides ou rigides (laine de bois, laine minérale…) sont plus faciles à poser dans le cas d’une ITE. Mais, ils peuvent aussi se présenter sous forme de flocons (type ouate de cellulose) insufflés dans des caissons.

Quel que soit le produit choisi, sa densité devra être supérieure à 40 kg / m3. Cela afin d’éviter une dégradation des performances énergétiques du bâtiment dans le temps.

Attention ! La caractéristique de performance de l’isolant (la résistance thermique R) et son aptitude à l’usage doivent être certifiés par l’ACERMI. Cette démarche de certification volontaire du fabricant vise à garantir autant les performances que les caractéristiques techniques du produit.

Principes de mises en œuvre

La solution isolant sous bardage allie esthétique et pratique. Avec une mise en œuvre rapide et “à sec”, elle convient à la plupart des constructions. La mise en œuvre doit tenir compte de la zone climatique où se situe le bâtiment et de son orientation. Cela pour anticiper les sollicitations physiques et mécaniques que va subir la façade.

isolation avec bardage en bois

Si l’on souhaite limiter au minimum l’épaisseur de l’isolation par l’extérieur, la solution idéale est la mise en œuvre de l’isolant en couche unique positionnée derrière les chevrons. La pose en continu de l’isolant sur l’ensemble de la façade permet de fortement limiter les ponts thermiques en désolidarisant l’ossature du mur porteur.

Lorsque l’épaisseur du système d’isolation ne représente pas une contrainte, l’isolant peut alors être posé en deux couches (derrière les chevrons et entre les chevrons). Un tasseautage ajouté le long des chevrons permettra de ménager la lame d’air obligatoire de 2 cm minimum et servira de support pour la fixation du parement.

Menuiseries : attention aux ponts thermiques

Une attention particulière doit être portée aux menuiseries. En France, on les pose en tunnel (au milieu du tableau) ou en appliqué à l’intérieur. L’appui et le tableau de la fenêtre créent alors un pont thermique important.

Pour l’éliminer, il est nécessaire d’araser les appuis de la fenêtre avant la mise en œuvre de l’ITE. Il faut ensuite poursuivre l’isolation des murs sur le retour des tableaux des menuiseries.

Lame d’air : une ventilation obligatoire

Disposer d’une lame d’air ventilée à l’arrière du bardage (2 cm minimum) est obligatoire. Elle est un gage de durabilité des matériaux sensibles à l’eau (chevrons notamment). Elle permet l’évacuation de la vapeur d’eau ayant migré de l’intérieur de l’habitat vers l’extérieur au travers de la structure.

Pour ventiler cette lame d’air, il est nécessaire de ménager des entrées et des sorties d’air. De section suffisante, elles seront en pied et tête de bardage, selon la hauteur de façade à isoler. Ces ouvertures doivent être protégées par une grille perforée pour assurer la protection contre de petits nuisibles.

Le parepluie

Il ne peut y avoir d’isolation sans étanchéité. Celle-ci, sous forme de parepluie, vient recouvrir la façade isolée, la protégeant contre la pénétration d’humidité, de poussières, d’insectes et va permettre d’améliorer l’étanchéité au vent de la paroi et ainsi d’y limiter l’entrée d’air froid.

Son rôle est d’apporter à la façade une étanchéité à l’air mais également une perméabilité à la vapeur d’eau. L’étanchéité à l’eau est essentielle pour avoir des murs secs et sains mais aussi pour garantir la durabilité de la construction et de l’isolant rapporté.

L’étanchéité à l’air permet de limiter les pertes d’énergies liées aux échanges entre les murs et l’extérieur. La perméabilité à la vapeur d’eau est un critère important dans le choix du pare-pluie. En effet, celui-ci se comporte comme une membrane respirante qui permet à l’humidité contenue dans les murs et l’isolant, sous forme de vapeur, d’être évacuée vers l’extérieur par la lame d’air.

En fonction de la structure de l’habitation, il peut être posé sur un support continu (panneau de contreventement) ou discontinu ( ossature bois ), directement au contact de l’isolant thermique, ou mis en oeuvre derrière un habillage de façade à joints fermés ou un bardage à clairevoie ( dans ce dernier cas, il doit s’agir d’un pare-pluie spécialement stabilisé aux UV, type DELTA®-FASSADE / Doerken ).

Certains fabricants, comme Pavatex, proposent des isolants déjà équipés de pare-pluie pour simplifier les manipulations. Ainsi Pavatex+ en fibre de bois protège aussi de la pluie car sa dernière épaisseur est imprégnée de latex, ou encore Isolair imprégné de latex dans toute son épaisseur.

Un parement qui recouvre le système d’isolation thermique par l’extérieur

bardage en bois naturel

Il en existe une multitude, depuis les bardages en bois massif aux produits minéraux, type parement de pierre 11ou ardoise naturelle, en passant par les produits composites proposés, entre autres, par SCB, ( CanExel, Smartside, Duracolor ) et fabriqués à base de fibres, de particules de bois recyclées et de résines polymères… Placé à la verticale ou à l’horizontale, le bardage est réalisé dans des essences très robustes : Mélèze, Red Cedar, pin Douglas, Épicéa. Ces bois, souvent traités, sont en mesure de résister aux intempéries.

Le bardage en bois composite assure le même aspect et une très bonne durabilité 12. Obtenu à partir de matériaux dérivés du bois ou de fibres de bois liées de façon naturelle ou synthétique, il résiste à l’humidité, aux champignons et aux insectes. Le crépi est une option plus contemporaine. Il est imperméable et assure les échanges gazeux avec l’extérieur. La pierre imprime un cachet immédiat à une façade.

Une structure en bois peut être dotée de ce revêtement traditionnel ou contemporain. L’inconvénient de ce parement : sa plus grande sensibilité à l’épreuve du temps. Le coût final du projet de l’ITE dépend en grande partie du matériau utilisé pour le revêtement de façade : entre 30 et 100€/m2.

Que ce soit en construction neuve ou rénovation, l’Isolation Thermique par l’Extérieur est plus qu’une option à retenir, c’est un vrai besoin à mettre en place qui apporte esthétisme et durabilité à la maison, et confort pour ses habitants.

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Pour toute mise en œuvre, c’est à un professionnel qu’il faudra vous adresser, de préférence certifié RGE pour une rénovation afin d’avoir accès aux crédits d’impôts et autres aides de l’État et des Régions.

Découvrir les différentes techniques employées pour réaliser une ITE

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Mireille Mazurier
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