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Bardage 100% bois 2/5

Saviez-vous que la France est l’un des premiers pays à utiliser du bois sans finition ?

L’authenticité du bois permet de créer une véritable harmonie avec l’environnement. Les teintes et veinages dégagent une ambiance chaleureuse, réussissant l’accord parfait entre tradition et économie. Mais choisir un bois naturel nécessite d’anticiper sur son vieillissement.

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Maxime Baudrand, prescripteur bois pour l’interprofession Atlanbois et co-auteur du Guide Bois en Extérieur paru à l’automne 2015, rappelle que le bois est un matériau exigeant car hydrophile, hygroscopique et anisotrope. « Sa couleur se modifie naturellement lorsqu’il est exposé à la lumière, au contact de l’eau et en raison du contenu de l’air (poussière, spores de champignons, pollutions, métaux…). Le grisonnement dépend de la combinaison de ces trois facteurs plus ou moins présents selon l’implantation géographique et la conception de l’ouvrage ».

Les différentes essences de bois possèdent une durabilité naturelle (ou classe de durabilité) plus ou moins importante en fonction d’agents dégradants (champignons lignivores, insectes à larve xylophage et aux termites).

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Dans la catégorie « Bois Naturels » (autrement dit, « naturellement durable »), l’essentiel des essences appropriées appartient à la famille des résineux. Mélèze, douglas et Red Cedar s’affichent sur les façades en fonction de la résistance de leur duramen. Leur résistance mécanique et stabilité dimensionnelle sont également importantes.

Outre les classes de durabilité qui concernent les essences, il y a les classes d’emploi, que l’on évoque plus souvent et qui correspondent au niveau d’exposition à l’eau, donc, au risque de reprise d’humidité.

Alors que les duramens des douglas, mélèze et Red Cedar sont naturellement résistants aux intempéries, attaques d’insectes et de champignons, ce n’est pas le cas des épicéa et sapin qui doivent faire l’objet d’un procédé de préservation, qui permettra d’apporter une durabilité conférée. Une imprégnation en autoclave, ou un traitement à haute température (THT), permettront à ces essences d’atteindre la classe d’emploi 3-1. Seul le pin, associé à une imprégnation en autoclave « vide et pression », peut atteindre la classe d’emploi 4, « contact permanent avec le sol ou l’eau douce ».

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Parmi les feuillus, bien que plus rarement employés en bardage, les robiniers, chênes et châtaigniers offrent naturellement une excellente résistance fongicide, insecticide et aux intempéries.

Sur une façade très exposée aux vents dominants, une essence classe d’emploi 3-2, exempte d’aubier, correspondant à une humidification très fréquente sur des périodes significatives (de l’ordre de plusieurs semaines), est indispensable. Les douglas, Red Cedar, chênes ou châtaigniers seront tout à fait à leur place.

Dans le cas d’une humification sur périodes courtes (de l’ordre de quelques jours), un bardage dont l’aubier sera présent en sous-face (mise en œuvre non visible), la classe d’emploi 3-1 sera suffisante.

En revanche, la classe d’emploi 2, correspondant à des essences dont l’aubier est présent sur la face visible, ne permet pas aux essences concernées d’être mises en contact avec la pluie. Leur installation est réservée, au mieux, à une pose en intérieur dans des milieux non chauffés et ventilés.

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La localisation de l’ouvrage est donc déterminante pour le choix de l’essence. La pluviosité, les points cardinaux, la direction des vents de pluie dominants, la fréquence des brouillards, la proximité de la mer, sont autant de facteurs qui vont jouer un rôle dans l’évolution esthétique et la longévité du bardage.

D’autres éléments auxquels on pense moins, peuvent entrer en ligne de compte. C’est le cas de la végétation : la proximité d’un arbre très important, l’aménagement, après coup, de haies tout autour de l’habitation, peuvent créer des zones résiduelles d’humidité.

 

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Comme tout système constructif, la pose du bardage relève d’un Document Technique Unifié (DTU), le 41.2 relatif aux revêtements extérieurs en bois dont la nouvelle version est parue à l’automne dernier. Cette mise en œuvre rigoureuse repose sur la pose du pare-pluie, la dimension des lames de bardage, le traitement et la pose des tasseaux de support, l’existence d’une lame d’air calibrée à l’arrière du revêtement, la protection contre le rejaillissement au niveau du soubassement, la canalisation des écoulements d’eau, le système de fixation des lames elles-mêmes et la gestion des points singuliers.

Ces bardages 100% bois, sont d’abord destinés à tous ceux qui acceptent de le voir griser au fil des ans. On ne le dira jamais assez : ce changement n’affecte pas la stabilité mécanique ni la durabilité, mais uniquement la couleur qui vire progressivement du brun clair au gris foncé, mat ou argenté. Les nuances dépendant des essences, de l’exposition au soleil et aux intempéries.

Budget : entre 15€ et 80€ lem² TTC

Texte Architecture bois- Mireille Mazurier

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