Du bois CLT pour le paddock d’un Grand Prix de Formule 1

Le bois CLT est la vedette du paddock du circuit Gilles-Villeneuve, au Canada, mis en service en 2019. La ville de Montréal a remplacé les structures temporaires par un bâtiment plus grand et plus durable pour le Grand Prix de Formule 1. Rendez-vous ce dimanche 13 juin, pour l’admirer en pleine effervescence !

Les équipes n’avaient que 10 mois entre les deux éditions 2018 et 2019, du Grand Prix de Formule 1, pour remplacer les structures existantes. C’est pourquoi, l’ensemble fait appel à une grande part de préfabrication.

Le récent bâtiment est un assemblage de pièces préfabriquées comprenant des panneaux de béton, des poutres et des colonnes en acier, des poutres et des panneaux en bois CLT, des murs-rideaux et des cloisons démontables

Du bois CLT pour la structure du paddock

Le bois est utilisé pour les poutres, sous forme de lamellé-collé et lamellé-croisé (CLT), ainsi que pour le platelage, sous forme de lamellé-croisé.

Le bois provient du nord du Québec. « Il valorise des essences et des pièces de bois petite taille pour optimiser la fibre de la totalité des arbres lors de la coupe », précise l’agence Les architectes FABG. De plus, « lors de sa croissance, le bois capte le CO2 dans l’atmosphère et le séquestre dans sa fibre. Ce volume de bois correspond à la séquestration de plus de 1 000 tonnes de CO2. Le bois est ainsi considéré carbonégatif, ce qui signifie que non seulement l’utilisation du bois en construction engendre peu d’émission de carbone, mais contribue aussi à éliminer du dioxyde de carbone supplémentaire de l’atmosphère ».

La structure de la toiture de 1425 m3 est aussi réalisée avec ce matériau renouvelable et durable. Son étanchéité est, en revanche, assurée par un revêtement élastomère, recouvert de granules minéraux blanc. Ces derniers permettent de limiter l’effet d’îlot de chaleur et la hausse de température pour les spectateurs.

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Du béton et de l’acier pour un paddock permanent

Les pièces de béton préfabriqué proviennent d’une compagnie québécoise, tout comme les murs-rideaux et la structure d’acier du bâtiment. La division en plusieurs lots distincts de la structure (béton, acier et bois) a permis la production simultanée en usine des quantités colossales de matériel ainsi que leur érection en un laps de temps très limité et malgré un hiver rigoureux.

Ce paddock permanent, en bois CLT, comprend des garages, pouvant accueillir jusqu’à 13 écuries. Elles ont chacune deux accès à l’avant pour les monoplaces, les pilotes et les équipes techniques. Conçu avec des cloisons temporaires, l’espace des garages est modulable selon les besoins des équipes, à chaque édition du Grand Prix du Canada.

Un paddock plus durable grâce au bois CLT

Ce bâtiment comprend également des bureaux pour la Fédération internationale de l’automobile (FIA) et le promoteur. Il abrite aussi un espace lounge pour 5000 personnes et un centre multimédi a pour les journalistes et les diffuseurs. Contrairement à d’autres grands Prix internationaux, les espaces lounge n’ont pas de murs extérieurs et ne sont pas climatisés. Dans un souci écologique et économique, les finitions des espaces intérieurs sont minimalistes.

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L’espace média est aussi un espace locatif mis à  la disposition des Montréalais pour d’autres événements, hors Grand Prix. Le bâtiment est conçu pour multiplier les vues sur la piste, avec l’aménagement terrasses aux 2e et 3e étages.

En terrasse également, 64 m² de panneaux solaires photovoltaïques. Ils emmagasineront assez d’énergie solaire en une année pour compenser la consommation du bâtiment lors d’un Grand Prix.

Le système installé fournira une moyenne de 87,600 kw/hre par année. Alors que la consommation énergétique estimée pendant l’évènement de Formule 1 est de 88,940 kw/hre.

Un Grand Prix moins luxueux et ostentatoire

Le bâtiment fait écho aux structures innovantes qui ont marqué l’imaginaire québécois lors de la tenue de l’Exposition universelle de 1967 sur le site même de l’île Notre-Dame.

« Le logo de Terre des Hommes utilisant le Y pour représenter des hommes aux mains tendues demeure encore aujourd’hui un symbole indélébile de cet été qui a marqué ici l’avènement de la modernité. La structure de bois proposée pour la toiture est fondée géométriquement sur ce souvenir et traduit notre volonté de s’éloigner des images et des valeurs habituellement associées à la course automobile et plus spécifiquement à la Formule 1. L’avènement de nouveaux propriétaires et dirigeants à la tête du circuit a rendu possible l’acceptation de cette proposition qui correspond à leur volonté de s’éloigner du luxe ostentatoire globalisé pour plutôt mettre en valeur la spécificité culturelle et géographique de chacune des étapes du circuit et l’adapter aux valeurs émergentes», expliquent les architectes.

Grâce à sa structure, le bâtiment peut être aisément démonté et les matériaux recyclés si nécessaire. Sa réalisation a coûté 39 millions d’euros environ.

Fiche technique
Nom du projet : F1 Grand Prix du Canada – Nouveau Paddock 
Localisation : 222 Circuit Gilles-Villeneuve, Montréal, QC
Date de mise en service : Mai 2019
Client : Société du Parc Jean Drapeau
Architecte : Les architectes FABG – Éric Gauthier (directeur de projet), Marc Paradis (chargé de projet), Nicolas Moussa (chargé de projet)
Entrepreneur général: Groupe GEYSER
Ingénierie Structure: CIMA+ 

Photos : © Steve Montpetit

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Claire Thibault
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