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De la RT 2012 à la Effinergie+

L’arrivée, en janvier 2013, de la RT 2012, va-t-elle engendrer un rapprochement entre la nouvelle norme française et le label allemand Passivhaus, dont la notoriété européenne ne fait qu’augmenter ? Existe- t-il une correspondance entre les deux cahiers des charges ? Tout au moins sur le plan de l’isolation (ventilation et menuiserie y compris), puisque c’est le point fort du label allemand dont découle l’habitat sans chauffage conventionnel. Et que comprendre de ce nouveau label Effinergie+ apparu en janvier dernier ? Des questions épineuses auxquelles Architecture BOIS essaie de répondre avec l’aide de Jean- Claude Tremsal, ingénieur- consultant spécialisé dans l’habitat passif, installé en Alsace et de Jean-Michel Pupille, architecte DPLG également spécialisé dans l’habitat passif, installé à Toulouse.

 

Une orientation bioclimatique, une enveloppe de bâti très performante et optimisée, dénuée de tous ponts thermiques et dotée d’une ventilation et de menuiseries efficaces, c’est ce qu’il faut à la maison passive pour garantir un besoin en énergie de chauffage inférieur à 15 kWhu (utiles)/m²Shab. an ainsi qu’une consommation en énergie primaire de moins de 120 kWhep/m².Shab.an, toutes consommations confondues. En fonction du système constructif, du choix des matériaux, notamment des isolants, des matériels, principalement les menuiseries, des technologies rapportées (VMC double flux à haut rendement), du comportement des habitants, le logiciel de calculs thermiques spécifique à la maison passive, le PHPP, permet de vérifier que la construction est conforme aux critères de la certification Passivhaus, en s’assurant qu’elle respecte les très faibles consommations énergétiques imposées.
Si l’objectif de puissance de chauffage de 10 w/m²
est atteint la maison passive peut se passer de système de chauffage conventionnel. Le PHPP* est aussi l’outil de validation de la construction et sert de base pour l’attribution du label. Dans le cadre de la RT 2012, l’objectif à atteindre, c’est une consommation en énergie primaire n’excédant pas 50 kWhep/m2 Shon RT.an (5 besoins) avec confort d’hiver et confort d’été. Pour y parvenir, la RT 2012 incite à une architecture bioclimatique avec des surfaces minimales de baies vitrées égale au 1/6ème de la surface habitable et une meilleure isolation thermique. Elle impose une étanchéité à l’air contrôlée et l’utilisation intelligente des sources d’énergies renouvelables (capteurs thermiques ou photovoltaïques).

Le respect de la réglementation, déterminé à partir de logiciels dont le moteur de calcul RT 2012 est réalisé par le CSTB (Centre Scientifique Une orientation bioclimatique, une enveloppe de bâti très performante et optimisée, dénuée de tous ponts thermiques et dotée d’une ventilation et de menuiseries efficaces, c’est ce qu’il faut à la maison passive pour garantir un besoin en énergie de chauffage inférieur à 15 kWhu (utiles)/m²Shab. an ainsi qu’une consommation en énergie primaire de moins de 120 kWhep/m².Shab.an, toutes consommations confondues. En fonction du système constructif, du choix des matériaux, notamment des isolants, des matériels, principalement les menuiseries, des technologies rapportées (VMC double flux à haut rendement), du comportement des habitants, le logiciel de calculs thermiques spécifique à la maison passive, le PHPP, permet de vérifier que la construction est conforme aux critères de la certification Passivhaus, en s’assurant qu’elle respecte les très faibles consommations énergétiques imposées.
Si l’objectif de puissance de chauffage de 10 w/m² est atteint la maison passive peut se passer de système de chauffage conventionnel. Le PHPP* est aussi l’outil de validation de la construction et sert de base pour l’attribution du label. Dans le cadre de la RT 2012, l’objectif à atteindre, c’est une consommation en énergie primaire n’excédant pas 50 kWhep/m2 Shon RT.an (5 besoins) avec confort d’hiver et confort d’été. Pour y parvenir, la RT 2012 incite à une architecture bioclimatique avec des surfaces minimales de baies vitrées égale au 1/6ème de la surface habitable et une meilleure isolation thermique. Elle impose une étanchéité à l’air contrôlée et l’utilisation intelligente des sources d’énergies renouvelables (capteurs thermiques ou photovoltaïques).
Le respect de la réglementation, déterminé à partir de logiciels dont le moteur de calcul RT 2012 est réalisé par le CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment), doit être contrôlé et certifié par des professionnels au stade du permis de construire et après réalisation. Les tests d’étanchéité à l’air des maisons passives sont 3 à 4 fois plus contraignants que pour une construction RT 2012, pour une performance quatre à cinq fois supérieure. De même, les déperditions par les ponts thermiques sont tolérées en RT 2012 alors que le concept des maisons passives ne les interdit pas textuellement mais n’en tolère aucun dans les faits. Quant aux limites du confort d’été, elles sont plus exigeantes en Allemagne qu’en France. Pour s’y conformer, la protection estivale des ouvertures, par des pare-soleil ou des occultations, devient très importante.


L’enveloppe hyper performante, très isolante, avec 300 à 400 mm d’isolant par l’extérieur en régions froides, et très étanche à l’air, est la clef de la maison passive. Elle aurait pu être un atout de la RT 2012. La compacité du volume permet de limiter la surface des parois extérieures mais également de réduire les coûts, car une telle isolation engendre des frais importants. Les maisons passives peuvent toutefois faire l’objet de décrochements comme n’importe quelle autre construction. L’ITE, système d’isolation par l’extérieur, conventionnel en Allemagne, n’est encore qu’à ses balbutiements chez nous où l’isolation par l’intérieur, bien que source de désagréments, fait encore loi. Pourtant, l’ITE permet seule une forte inertie du bâtiment et une suppression des ponts thermiques. Aucune paroi n’est en contact avec l’extérieur ; l’ITE protège la structure du bâtiment qui est toujours abritée des intempéries et des forts écarts de température. Elle conduit à une maîtrise de l’étanchéité à l’air et à une absence de parois froides. Les murs porteurs, placés à l’intérieur, renforcent l’inertie thermique du bâtiment. L’ITE est source de confort pour les occupants des lieux, car les murs lourds régulent la température. En hiver et demi-saison, les murs sont arrosés de soleil et accumulent la chaleur dans la journée pour libérer les calories engrangées en soirée. En été, ils absorbent dans la journée la chaleur qu’ils ont perdue la nuit grâce à la ventilation naturelle, résultant de l’ouverture des fenêtres, ou de la VMC. Le fait d’avoir une ITE n’empêche en rien d’habiller une façade, en bardage ou en panneaux de bois, par exemple. Toutes les parties opaques du bâtiment sont à isoler de façon optimale et homogène. En principe, pour un habitat passif, le coefficient de transmission de chaleur U des façades ne doit pas excéder 0,15 W/m²K, voire les 0,10  W/m²K, en fonction du climat local. La toiture doit également être fortement isolée en suivant la pente, en sarking, ou au-dessus du faux plafond sous toiture. Il peut être plus judicieux d’isoler la toiture par l’extérieur si l’aménagement des combles est prévu par la suite. La dalle en contact avec le sol a une isolation spécifique. Les épaisseurs des isolants doivent permettre de se passer d’un système de chauffage classique tout en améliorant le confort thermique. Elles peuvent atteindre de 30 à 40 cm pour toutes les parois (murs, toit) en climat froid et sont de l’ordre de 30 % plus faible pour le sol s’il est en contact avec la terre du fait que la température du sol durant la période de chauffage est plus élevée que la température de l’air extérieur d’environ 5 à 6 °C de plus en régions froides. La qualité de l’isolant, sa conductivité thermique, est aussi essentielle que son épaisseur. Au concepteur de les déterminer par les calculs thermiques de manière à respecter les critères du label Passivhaus. Si pour la construction bois, la fibre de bois fait l’unanimité en ITE, il existe bien d’autres isolants, naturels de préférence, aux performances thermiques certifiées. L’incidence de la RT 2012 sur les prix de construction devrait être d’environ 15 % par rapport à la RT 2005, se rapprochant ainsi des coûts du passif, mais les budgets ne mettront pas l’accent sur les mêmes équipements. La RT 2012 va augmenter ses coûts de construction du fait de l’installation de systèmes de chauffage nettement plus performants au bénéfice d’une baisse des consommations en chauffage et eau chaude sanitaire. Le surcoût du passif est, lui, lié à la performance de l’enveloppe, de la VMC double flux et des menuiseries souvent à triple vitrage, avec des frais de fonctionnement, d’entretien, de réparation et de remplacement de matériels quasiment inexistant. Le différentiel de ces équipements est compensé en grande partie par la suppression du chauffage performant. Sur la durée la maison passive coûte toujours moins cher qu’un bâtiment actuel, une construction BBC ou conforme à la RT 2012 dans le cadre d’un bilan global prenant en compte les coûts de construction, de financement, la maintenance et les factures d’énergies. Autant le dire : S’il ne devrait y avoir, bientôt, que peu de différence entre un budget d’une maison passive et celui d’une construction RT 2012, leur répartition n’aura, pourtant, que peu de correspondances car une maison RT 2012 est incapable de se passer de chauffage conventionnel. Elle reste énergivore puisque les exigences du label sont en Energie Primaire et non pas en con-sommation. Elle n’a aucune exigence de puissance de chauffage, de ce fait, la puissance de chauffage d’un bâtiment RT 2012 est au moins le double d’un bâtiment passif. Quoi qu’il en soit, la RT 2012 est une avancée vers le BEPos, Bâtiment à Energie Positive (toutes énergies confondues) prévu en 2020, qui ne pourra se faire sans passer par l’obligation d’une enveloppe très performante, une enveloppe Passivhaus. Quel sera, alors, le prochain pas pour y mener, sachant que cette réglementation n’est que la mise en œuvre systématique, et très légèrement améliorée, d’un label BBC Effinergie (un label qui, désormais, ne présente plus aucun intérêt en terme d’amélioration de la qualité thermique réglementaire) ? Sans aucun doute, le nouveau label Effinergie+. Officialisé en janvier dernier, il a pour objectif d’introduire des niveaux encore plus performants en termes de réduction des besoins en énergie et de consommation. Certes, Effinergie+ s’appuie sur la méthode de calcul RT 2012, mais ses règles techniques, accompagnées de fortes recommandations, tendent clairement vers le BEPos. Sur la base de trois secteurs à améliorer. Le premier a trait à la conception bioclimatique de l’habitat, améliorée de 20 %. Ce dernier doit, en outre, consommer encore moins d’énergies, 40 kWhep/m².an, que n’en exigeait le label BBC Effinergie (50 kWhep/m².an).

Pour y parvenir, une intervention sur l’étanchéité à l’air et la maîtrise de la ventilation s’impose. Les résultats du test d’étanchéité (effectué par un professionnel certifié) doivent afficher une amélioration d’un tiers par rapport à la RT 2012. Quant à la circulation d’air dans le bâtiment, elle est placée sous haute surveillance. Un procès verbal garantit la présence ainsi que la conformité des entrées d’air, bouches de soufflage et d’extraction ; le détalonnage des portes (pour les systèmes  fonctionnant sur le principe de balayage) et les débits extraits et/ou soufflés doivent respecter les débits prévus (à + ou – 10 %). Même exigence pour les systèmes hygroréglables, ainsi que dans le cas d’une ventilation naturelle ou hybride, pour laquelle une procédure spécifique de vérification est développée. Le deuxième secteur concerne les consommations. Celles qui sont réglementées (chauffage, climatisation, ventilation, eau chaude sanitaire, éclairage,) possèdent en général un compteur individuel et font l’objet de relevés de consommation réguliers. Mais elles ne représentent qu’une partie, seulement, des consommations d’énergie liées à la vie d’une habitation. Afin de faire prendre conscience à ses occupants de l’ensemble des dépenses en énergie, Effinergie+ rend obligatoire l’évaluation de l’électroménager, l’audiovisuel et l’informatique. Toutes ces données doivent ensuite être affichées. Associées, s’il y a lieu, à la production locale d’énergie renouvelable (% d’électricité issue de cette énergie et part de consommation couverte) et aux émissions de gaz à effet de serre, elles composent la carte d’identité de l’habitation. Destiné à être transmise aux utilisateurs ultérieurs des lieux, le document viendra en    complément d’un guide d’usage du bâtiment, détaillant l’utilisation, l’entretien et la maintenance des équipements et du bâti, afin d’en préserver la performance énergétique. Enfin, il reste à effectuer deux démarches, sous forme de recommandations cette fois, le calcul de l’énergie grise des matériaux de l’habitation et l’évaluation des consommations d’énergies dues aux déplacements de ses occupants. Contrairement à la RT 2012, la labellisation Effinergie+ constitue une “ vraie grande ” avancée vers le BEPos. Petit bémol, toutefois, selon certains professionnels pourtant enthousiastes, « elle s’appuie sur le moteur de calcul du CSTB dont la qualité reste à démontrer ». Mais, pour peu que vous en ayez l’envie, la détermination, le temps et… le budget, cette démarche vous assurera, pour les décennies à venir, confort, et économies d’énergie tout en contribuant au mieux-être de l’environnement.

* Passive House Planning Package

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