Le bardage

Habiller une maison de bois pour lui donner un aspect contemporain, c’est une tendance de plus en plus affirmée. Horizontal ou vertical, lames ou panneaux, nature, lasuré ou peint, résineux ou feuillus, composite ou fibres-ciment… Tout est permis, la mixité de formes comme de matériaux.

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C’est aussi une démarche avantageuse, dès lors qu’il s’agit d’une rénovation avec Isolation Thermique par l’Extérieur.
C’est encore un chantier rapide, propre, sans nuisances. Un bardage peut être posé sur tout type de construction : ossatures bois, bâtiments en pierres, béton, briques… De plus, il s’agit d’un chantier sec, ne nécessitant pas d’eau et donc aucun de séchage.

Pour trouver le bardage le plus approprié à son projet, il vaut mieux s’informer sur les exigences techniques et les réglementations, s’interroger sur l’esthétique et les considérations environnementales, le coût et l’entretien.

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Comment choisir son bardage ? 

Le choix du bardage est avant tout fonction de goût, d’habitudes architecturales et de conditions climatiques. L’Isolation Thermique par l’Extérieur (ITE) est un argument porteur. Mais l’entretien des lames, les garanties sur leur comportement dans le temps, peintures y compris, sont autant d’atouts déterminants dans l’achat du produit.

Et en s’en tenant à la simplicité d’entretien des différents bardages. Les plus naturels figurent toujours au nombre des plus contraignants, pour peu que l’on souhaite conserver au bois sa couleur d’origine. Viennent ensuite les bardages bois pré-peints en usine et les lames en composite, puis les lames en fibres et ciment.

Saviez-vous que la France est l’un des premiers pays à utiliser du bois sans finition ?

L’authenticité du bois permet de créer une véritable harmonie avec l’environnement. Les teintes et veinages dégagent une ambiance chaleureuse, réussissant l’accord parfait entre tradition et économie. Mais choisir un bois naturel nécessite d’anticiper sur son vieillissement.

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Maxime Baudrand, prescripteur bois pour l’interprofession Atlanbois et co-auteur du Guide Bois en Extérieur paru à l’automne 2015, rappelle que le bois est un matériau exigeant car hydrophile, hygroscopique et anisotrope. « Sa couleur se modifie naturellement lorsqu’il est exposé à la lumière, au contact de l’eau et en raison du contenu de l’air (poussière, spores de champignons, pollutions, métaux…). Le grisonnement dépend de la combinaison de ces trois facteurs plus ou moins présents selon l’implantation géographique et la conception de l’ouvrage ».

Les différentes essences de bois possèdent une durabilité naturelle (ou classe de durabilité) plus ou moins importante en fonction d’agents dégradants (champignons lignivores, insectes à larve xylophage et aux termites).

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Dans la catégorie « Bois Naturels » (autrement dit, « naturellement durable »), l’essentiel des essences appropriées appartient à la famille des résineux. Mélèze, douglas et Red Cedar s’affichent sur les façades en fonction de la résistance de leur duramen. Leur résistance mécanique et stabilité dimensionnelle sont également importantes.

Outre les classes de durabilité qui concernent les essences, il y a les classes d’emploi, que l’on évoque plus souvent et qui correspondent au niveau d’exposition à l’eau, donc, au risque de reprise d’humidité.

Alors que les duramens des douglas, mélèze et Red Cedar sont naturellement résistants aux intempéries, attaques d’insectes et de champignons, ce n’est pas le cas des épicéa et sapin qui doivent faire l’objet d’un procédé de préservation, qui permettra d’apporter une durabilité conférée. Une imprégnation en autoclave, ou un traitement à haute température (THT), permettront à ces essences d’atteindre la classe d’emploi 3-1. Seul le pin, associé à une imprégnation en autoclave « vide et pression », peut atteindre la classe d’emploi 4, « contact permanent avec le sol ou l’eau douce ».

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Parmi les feuillus, bien que plus rarement employés en bardage, les robiniers, chênes et châtaigniers offrent naturellement une excellente résistance fongicide, insecticide et aux intempéries.

Sur une façade très exposée aux vents dominants, une essence classe d’emploi 3-2, exempte d’aubier, correspondant à une humidification très fréquente sur des périodes significatives (de l’ordre de plusieurs semaines), est indispensable. Les douglas, Red Cedar, chênes ou châtaigniers seront tout à fait à leur place.

Dans le cas d’une humification sur périodes courtes (de l’ordre de quelques jours), un bardage dont l’aubier sera présent en sous-face (mise en œuvre non visible), la classe d’emploi 3-1 sera suffisante.

En revanche, la classe d’emploi 2, correspondant à des essences dont l’aubier est présent sur la face visible, ne permet pas aux essences concernées d’être mises en contact avec la pluie. Leur installation est réservée, au mieux, à une pose en intérieur dans des milieux non chauffés et ventilés.

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La localisation de l’ouvrage est donc déterminante pour le choix de l’essence. La pluviosité, les points cardinaux, la direction des vents de pluie dominants, la fréquence des brouillards, la proximité de la mer, sont autant de facteurs qui vont jouer un rôle dans l’évolution esthétique et la longévité du bardage.

D’autres éléments auxquels on pense moins, peuvent entrer en ligne de compte. C’est le cas de la végétation : la proximité d’un arbre très important, l’aménagement, après coup, de haies tout autour de l’habitation, peuvent créer des zones résiduelles d’humidité.

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Comme tout système constructif, la pose du bardage relève d’un Document Technique Unifié (DTU), le 41.2 relatif aux revêtements extérieurs en bois dont la nouvelle version est parue à l’automne dernier. Cette mise en œuvre rigoureuse repose sur la pose du pare-pluie, la dimension des lames de bardage, le traitement et la pose des tasseaux de support, l’existence d’une lame d’air calibrée à l’arrière du revêtement, la protection contre le rejaillissement au niveau du soubassement, la canalisation des écoulements d’eau, le système de fixation des lames elles-mêmes et la gestion des points singuliers.

Ces bardages 100% bois, sont d’abord destinés à tous ceux qui acceptent de le voir griser au fil des ans. On ne le dira jamais assez : ce changement n’affecte pas la stabilité mécanique ni la durabilité, mais uniquement la couleur qui vire progressivement du brun clair au gris foncé, mat ou argenté. Les nuances dépendant des essences, de l’exposition au soleil et aux intempéries.
Budget : entre 15€ et 80€ lem² TTC

Mélanger du bois broyé à une résine plastique, c’est ainsi que l’on obtient ce matériau composite qui ne craint ni la chaleur, ni l’humidité, ni les termites.

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Cependant, du fait des matériaux qui entrent dans la fabrication de certains bois composites, comme le polypropylène, il est possible de reprocher à ces bardages leur manque de naturel (avec une esthétique difficile à rapprocher de celle d’un bois naturel) jusque dans leur composition. Ce qui n’est pas le cas du bardage Néo (Silverwood) dont l’originalité réside justement dans une composition à forte tendance écologique, en fibre de bois d’eucalyptus (97%) et cire naturelle (3%). Liées à chaud et sous haute pression, les fibres de bois forment un bardage très dur, sans colle ni solvant, qui ne gonfle pas (à partir de 45€ le m²).

Le Canadien Kaycan a choisi, pour sa part, de n’utiliser que des particules de bois issues de déchets forestiers FSC pour la fabrication de ses bardages NatureTech. « Kaycan est une entreprise éco-responsable, qui n’utilise aucun bois traité dans ses lames. Les bardages sont composés de 90% de bois et 10% de résine, et peints avec une peinture acrylique sans solvant. Chaque produit a été testé en extérieur, dans des conditions extrêmes, en Arizona, et dans le Grand Nord canadien avant d’être commercialisé ».

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Depuis trois ans, Raoul Guérin développe la marque sur le marché français. « Le Laurentien, par exemple, est un clin de 21,5cm de large, à recouvrement rainuré-languette, ce qui en fait un produit unique. Sa largeur et son système d’emboîtement permettent d’être beaucoup plus rapide à la pose ». La gamme comprend sept types de bardage, tous offrent des garanties exceptionnelles : 25 ans sur le produit, et 15 ans sur la finition. [40 à 45€ HT].

De son côté, SCB n’en finit plus de développer sa gamme historique CanExel. Le produit continue d’être amélioré. Il bénéficie désormais d’un process de fabrication unique avec un traitement exclusif SmartGuard® à base de cire, de résine, de borate de zinc. De quoi renforcer sa résistance aux impacts et aux intempéries, et confirmer ses qualités anti-termites et antifongique. L’innovation Canexell en 2016, ce sont trois nouveaux coloris, River Rock, Cliffside et Littoral, des teintes douces, proches de l’environnement naturel.

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Tous ces produits de bardage ne sont que quelques exemples de la richesse et de la qualité des produits en bois composite. Cependant, du fait l’emploi de certains matériaux, le polypropylène notamment, dans la composition de certains d’entre eux, certains bardages pèchent par leur manque de naturel, avec une esthétique difficile à rapprocher de celle d’un bois naturel.

On dit de ce bardage qu’il est le plus résistant. Il est vrai que composé essentiellement de ciment mêlé de sable moulu et de fibre de cellulose chez l’industriel australien James Hardie, ou renforcé avec de la cellulose et de la silice pour les lames Cédral d’Eternit, il est à même de résister aux chocs et au gel. Imputrescible et ininflammable, le fibres-ciment est, aussi, reconnu pour sa longévité supérieure à 50 ans.

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Dans ce secteur du bardage encore, les innovations sont nombreuses. Hardie Linea, est la dernière nouveauté du fabricant australien ; c’est une lame de ciment composite de 3ème génération de 16mm d’épaisseur, à laquelle ses concepteurs ont donné une ligne lisse design, destiné à être posée à l’horizontale sur des constructions contemporaines. Garanti 10 ans, sans fissure ni écaillement, les deux faiblesses des clins en fibres-ciment, Hardie Linea est disponible sur le marché en 21 coloris (34€ le m²).

Avec leurs deux systèmes de pose, Cédral Click et Cédral Lap associées à une structure nervurée rappelant le bois de cèdre, les lames Cédral offrent des visuels de façade variés. Les lames de bardage Cédral Click fonctionnent sur la base d’un système de pose à emboîtement tandis que les clins Cédral Lap sont utilisés dans le cadre d’une pose à recouvrement. Dans les deux cas, les lames peuvent être assemblées à l’horizontale ou à la verticale (37 € le m²), avec une garantie de 10 ans.

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Côté inconvénients, sur le plan pratique, il s’agit d’un matériau à base de ciment, dont la découpe nécessite l’utilisation de lames adaptées. Sa composition, notamment les adjuvants synthétiques qui font partie de bon nombre de produits en fibres et ciment, alourdissent son empreinte carbone.

Avec des variations de couleurs irrégulières, le vieillissement du bois est souvent vécu par les maîtres d’ouvrage comme une dégradation du revêtement. A contrario, les architectes recherchent cet aspect grisé. Mais la plupart souhaiterait qu’il soit homogène sur l’ensemble des façades.

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Pour répondre à la demande en lames de bois naturels visuellement stables, les fabricants redoublent de solutions, avec des bois prépeints en usine.

Ces finitions concernent toutes les essences, traitées ou non. Elles permettent de personnaliser les façades, dont l’aspect pourra, au choix, rester celui d’un bois aux veinages bien visibles (par pigmentation), ou prendre des couleurs (de la plus classique à la plus originale). Le plus de ces produits : une garantie de couverture d’au moins 10 ans. De quoi rassurer une clientèle tentée par le bois, mais retenue par son entretien.

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Budget : entre 50€ et 100€ le m² TTC.

Les lames en fibres et ciment ou en bois composite combattent mieux les attaques du temps. Elles ne requièrent aucun traitement spécifique. Un simple entretien annuel au savon et à l’eau suffit à conserver leur finition.

Texte Architecture Bois- Mireille Mazurier

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