L’envolée : 8 logements sociaux “passifs”

Dans le quartier de Ménilmontant, l’atelier d’architecture Pascal Gontier aménage une voie piétonne et installe pour le compte de la RIVP, 8 logements sociaux “passifs” en douglas, dans lesquels domine la lumière naturelle. Le projet est lauréat du Prix AMO 2013 spécial fondation d’entreprise excellence SMA.

Dans le 20ème arrondissement de Paris, entre les immeubles de toutes hauteurs, trois cubes de bois percent une trouée au 28 rue Pixérécourt, le long du passage de la Duée. « Le bâtiment s’inscrit dans un environnement bâti très fortement hétérogène caractérisé par une juxtaposition d’événements architecturaux contrastés, construits à différentes époques, et qui présentent une grande diversité d’échelles, de formes et de matériaux », précise l’Atelier Pascal Gontier.

Au milieu de ce tableau urbain, le programme insère 8 logements sociaux “passifs” qui se profilent en trois entités indépendantes (deux niveaux pour l’une, trois pour les deux autres). « Cette configuration reprend un type que l’on retrouve couramment dans les rues avoisinantes et répond à la profondeur des parcelles mono-orientées ». L’architecture dessine ainsi une ligne parfaite. De son côté, le bardage ajouré en douglas non traité souligne les contours.

L’écriture est contemporaine et lumineuse. La générosité des fenêtres ajoute au confort de vie. « L’ensemble des fenêtres est équipé de stores extérieurs en tissus qui contribuent à assurer aux logements un bon niveau de confort d’été ». Et pour l’intimité, les menuiseries intègrent des persiennes qui permettent également d’assurer manuellement une bonne ventilation pour la saison hors-chauffe.

Osant les matières rugueuses et lisses, l’opacité autant que la transparence, l’Atelier Pascal Gontier encourage le confort visuel tout en assumant la démarche de développement durable inscrite au cahier des charges du maître d’ouvrage. De la structure au bardage en passant par les menuiseries extérieures, le bois participe au stockage du gaz carbonique dans les bâtiments, et en phase de construction : vise à limiter l’énergie grise.

Les 8 logements sociaux “passifs” de la rue Pixérécourt surpassent ainsi les objectifs du Plan Climat de la ville de Paris (< 50 kWhep/m²/ an) puisque le programme répond aux exigences du label de performance énergétique allemand Passivhauss en besoin de chauffage (<15 kWhep/m²/ an) et en énergie primaire (120 kWhep / m² / an).

Le bâtiment est également équipé de dispositifs architecturaux permettant d’assurer une ventilation naturelle des logements en été. Parmi les équipements : des radiateurs basse température, des appareils sanitaires économes en eau, une centrale à traitement d’air de type double flux à récupération d’énergie pour les saisons de chauffe et une installation solaire thermique en toiture du bâtiment central permettant de fournir 40 % de l’eau chaude sanitaire.

La toiture végétalisée permet quant à elle d’assurer la rétention des eaux de pluie. L’Atelier Pascal Gontier accroche ainsi à la pente, un ensemble respectueux de l’environnement valorisé par la mise en œuvre du bois.

Texte : Laurène Delion – Photos : Hervé Abbadie

Source : Architecture Bois & dépendance n°65, p. 100-101