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Baitykool : du CLT en conditions climatiques extrêmes

Présenté lors du salon bordelais Aquibat, ce jeudi 15 mars, Baitykool est un prototype d’habitat innovant, adapté aux conditions climatiques extrêmes. Fruit d’une collaboration entre des étudiants en architecture et en ingénierie, il sera le seul à représenter la France lors du concours international du Solar Decathlon, en novembre prochain, à Dubaï.

Dubaï, 30° en moyenne à l’année et pratiquement aucune précipitation… Voilà les conditions dans lesquelles les équipes étudiantes du Solar Decathlon vont devoir monter leur prototype, en novembre prochain.

L’équipe française s’y prépare ardemment et présentait ce jeudi son projet, baptisé Baitykool, au salon Aquibat. « Baity » signifie « ma maison », « mon royaume », en arabe. Le mot « Kool », déformation de l’anglais « cool » a été ajouté pour le côté frais, calme et agréable du module.

Leur projet s’appuie sur un bâtiment compact de 90 m², dans une enveloppe monolithique et introvertie pour se protéger du milieu extérieur. Il reprend les principes du bioclimatisme, adaptés à un environnement climatique extrêmement chaud « Les façades, complètement fermées, réinterprètent les codes moucharabieh pour offrir plus de confort et d’intimité aux occupants de la maison », explique Kenza Chraibi, étudiante en architecture à l’Ensap Bordeaux et manager du projet. Au nord, se trouve ainsi l’entrée ; à l’est, l’espace public ; à l’ouest, l’espace privé avec 2 chambres et un bureau ; et au sud, le local technique et la salle de bains.

L’habitat est réalisé au moyen de caissons en CLT avec isolation intégrée, revêtus de béton fibré et de terre crue (création de parois thermo-régulantes). « On a choisi du CLT (cross laminated timber) parce qu’on a une problématique de démontage. On va préconstruire à Dubaï, faire des blocs 3D et ce qui est bien avec le CLT, c’est […] que c’est facilement transportable et c’est résistant », explique Pamela Saillant, diplômée en Architecture et en Physique du bâtiment à l’université de Bordeaux et responsable de l’équipe française.

Le patio concentre la vie de l’habitat : toutes les pièces de la maison s’ouvrent en effet sur cet espace protégé par une pergola en lamellé-collé et carbone. Des panneaux solaires inclinés y sont intégrés pour capter un maximum l’ensoleillement. « La journée, la pergola agit comme brise-soleil pour garder l’ombre et la fraîcheur dans le bâtiment. Le soir, elle s’ouvre afin d’aérer l’espace et de donner la possibilité aux habitants de profiter des étoiles », souligne l’étudiante. Une centrale gère le traitement de l’air.

Les façades et la toiture végétalisées sont gérées en circuit fermé, reposant sur un système d’aquaponie. Dans l’aquarium, les déjections des poissons apportent les nutriments nécessaires aux plantes. Celles-ci filtrent à leur tour l’eau pour la débarrasser de ces impuretés. Elle est alors récupérée pour l’aquarium des poissons. Les eaux usées sont également recyclées via un système “lombrifiltre” (les vers mangent les déchets) et un traitement UV solaire.  

Cela fait deux ans que les étudiants travaillent sur leur concept. Leur prototype sera monté à Dubaï, en deux jours seulement, et devra faire la différence face à ceux des 20 autres équipes internationales présentes.

Texte : Claire Thibault – Vidéo/Montage : Bastien Marcou

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