Isolation Thermique par l’Extérieur

En France, le logement représente environ 43 % de la consommation énergétique et 25 % des émissions de gaz à effet de serre. L’Isolation Thermique par l’Extérieur ( ITE ) permet de moins consommer d’énergie et réduit significativement les émissions de gaz à effet de serre. Isoler par l’extérieur, cela consiste à envelopper le bâti existant d’une “seconde peau”. Cette “seconde peau” a pour principaux avantages de corriger les ponts thermiques et d’assurer une plus grande inertie de l’habitat.

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L’ITE permet de gagner en confort et de faire des économies d’énergie. La couche d’isolant ajoutée sur les murs va traiter les ponts thermiques et limiter les déperditions de chaleur qui sont de l’ordre de 25 % (combles 30 %), protéger les murs des variations climatiques et conserver les propriétés thermiques des murs intérieurs (l’inertie).

L’ITE fait aussi gagner en confort acoustique. L’ITE cumule encore d’autres atouts face à l’Isolation par l’Intérieur (ITI). En supprimant la plupart des ponts thermiques de structure (à la jonction tableaux, des planchers, des huisseries, dans les angles du bâti), l’ITE assure une isolation plus performante que dans le cas d’une ITI.

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L’ITE ne mord pas sur la surface habitable alors qu’une bonne ITI peut réduire jusqu’à 7 % la surface habitable. En optant pour l’ITE en rénovation, vous faites d’une pierre deux coups. Quelle que soit la technique utilisée, l’ajout d’une couche d’isolation devra ensuite être protégée par un revêtement extérieur (bardage, parements de pierre, en terre cuite, ardoises, enduit,etc).

En rénovation, ITE et ravalement de façade vont de pair. Enfin, l’ITE assure un certain confort de chantier : contrairement à une isolation par l’intérieur, les murs à isoler ne doivent pas être dégagés des meubles. Une fois l’isolation posée, il n’y a pas lieu de refaire les enduits ou la peinture, la tapisserie…

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Avec l’ITE, les travaux restent dehors. Au bout du compte, l’ITE ralentit le vieillissement du bâtiment face aux intempéries et aux gros écarts de température. La structure bouge moins, les risques de fissures en sont ainsi réduits.

Les limites de l’ITE

Si l’ITE sur maison neuve fait partie des paramètres de la construction dès le début du projet, étudiée par des thermiciens, calculée et gérée en cohérence avec le reste du chantier, la situation peut être plus délicate en rénovation. Il y a les cas où l’ITE n’est pas la bienvenue : soumise à des restrictions réglementaires, sur des bâtiments classés, dans les immeubles frappés d’alignement (dans les grandes villes en particulier) ou sur les maisons en limite de propriété.

Dans ces cas-là, il est important de consulter les règles d’urbanisme et / ou de rencontrer l’architecte des bâtiments de France. Autre inconvénient, encore en rénovation : la perte de luminosité au niveau des ouvertures due à la surépaisseur des murs et un effet ” meurtrière ” 3 qui, s’il peut être rectifié en changeant les fenêtres ou en les déplaçant aux nus extérieurs de la façade, engendrera des travaux lourds. Enfin, si l’isolation par l’intérieur peut être réalisée par un bon bricoleur, il n’en va pas de même pour l’ITE.

Plus technique à mettre en place, elle nécessite des équipes formées et compétentes ; l’ITE étant une opération délicate, surtout si la façade n’est pas régulière. Chaque point singulier doit faire l’objet d’une attention particulière (angles, encadrements de baies, appuis de fenêtres, seuils de portes…).Souvent formés par les fournisseurs de matériaux d’isolation (pare-pluie, isolants, connecteurs, scotchs et autres systèmes de fixation), les professionnels sont la garantie d’une ITE performante.

C’est aussi la raison pour laquelle une ITE est plus chère au moment de l’investissement (même si elle se rentabilise plus vite que de l’isolation intérieure). Le coût d’une sur-isolation varie entre 50 et 80 € / m2. Ces chiffres ne prennent pas en compte le ravalement de façade dans le cadre d’une rénovation. Ils sont à comparer à ceux d’une isolation par l’intérieur, généralement compris entre 20 et 40 € / m2.

Il n’en reste pas moins que pour les logements antérieurs aux années 1970, dont les consommations moyennes avoisinent les 140 kWh / m2 / an, l’ITE, même partielle (uniquement sur façade aveugle), est sans aucun doute, la meilleure solution.

Les techniques employées

Selon l’état des murs et la finition extérieure voulue, la seconde peau peut être créée soit sous enduit lourd ou mince, sous bardages ventilés ou sous parements sans lame d’air.

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Chacune des techniques utilisées repose sur un même principe de base : la mise en place d’une couche d’isolation protégée par un revêtement extérieur. La mise en oeuvre de l’isolant doit toujours respecter les prescriptions de pose du DTU 31.2 – Construction de maisons et bâtiments à ossature bois ou celles d’un Avis Technique délivré par le CSTB. En France, la technique la plus répandue est celle sous enduit, suivie de celle du bardage ventilé. Les vêtures / vêtages et les doubles cloisons sont marginales.

L’isolation sous enduit 

Dans de nombreuses communes, la réglementation locale ne permet pas de modifier l’apparence d’une façade. La technique de l’enduit s’impose alors face aux solutions bardages au rendu plus moderne et contrasté. Dans le cas de l’isolation sous enduit lourd, l’isolant est fixé à l’aide de chevilles ou par un système de montage sur rails. L’enduit est projeté sur un treillis pour former une épaisseur de 15 à 20 mm. Il peut être ensuite gratté ou lissé. Avec l’isolation sous enduit mince, l’isolant (généralement, du polystyrène expansé ) est fixé sur le support par collage direct dans le cadre d’une construction neuve, ou par collage et chevillage en rénovation. L’enduit se décompose en deux couches : une première couche d’enduit armée d’un tissu de fibre de verre et une seconde couche d’enduit de finition. Ces deux couches réunies forment une peau d’épaisseur mince (3 à 5 mm)

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L’isolation sous bardages ventilés: bois, PVC, fibre-ciment, pierre, ardoise, métal.

L’isolation sous bardages ventilés consiste à poser un isolant modulaire (panneaux, rouleaux) sous un bardage rapporté ou sous une ossature recouverte d’un parement extérieur en laissant entre les deux ” peaux “, une lame d’air. L’isolant utilisé peut être de la laine minérale, de la fibre de bois, de la ouate de cellulose, de la fibre de lin, du polystyrène…

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Cet isolant est fixé le plus souvent à l’intérieur d’une structure porteuse constituée d’une ossature primaire (verticale ) en bois ou métal 7 , complétée par une ossature secondaire (transversale) en bois ou en profilés métalliques. La fixation du bardage proprement dite se fait directement sur l’ossature secondaire par vissage, ou par montage (profilés à emboîtement, à crochets, à rainure / languette). Sachant qu’une ossature offre de grandes latitudes de réglage, la technique utilisant le bardage ventilé permet de corriger des irrégularités de façade. La lame d’air ménagée entre l’isolant et le bardage permet également au bâti de respirer.

Les vêtures / vêtages

Proches du bardage sur le plan esthétique, les vêtures et vêtages sont posés directement sur les murs extérieurs sans lame d’air. La vêture fait appel à un produit deux en un : un isolant thermique contrecollé en usine au dos d’une plaque de parement. La vêture se pose en une seule fois sur la structure porteuse. Les éléments sont fixés mécaniquement sur la paroi par des vis et des chevilles. Le vêtage fait appel à deux produits complémentaires : un isolant et un parement. L’isolant est fixé provisoirement sur le bâti, la fixation définitive se fait par l’intermédiaire de la fixation du parement avec ou sans lame d’air. Le parement maintient ainsi l’ensemble en se fixant à travers l’isolant thermique.

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ITE sur bâti neuf

La RT 2012 impose à la construction neuve une consommation d’énergie primaire inférieure à 50 kWh /m2/ an en moyenne. Cette exigence ne peut être atteinte que dans un bâtiment avec des indices d’isolation et d’étanchéité élevés et d’humidité bas. Sol, murs, charpente, tout doit être parfaitement isolé. Pour y parvenir, l’ITE, qui ne comprend que l’isolation des façades, est un élément essentiel de la construction. Bon à savoir : la toiture aussi peut être isolée par l’extérieur, c’est la technique du sarking.

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ITE et construction bois

Pour les murs périphériques des constructions à ossature bois, la protection contre les intempéries, constituée par la façade et par son pare-pluie sousjacent, a une importance considérable. La plupart des fabricants proposent des systèmes d’isolation répondant aux exigences spécifiques des constructions à ossature bois. Pour aller jusqu’au bout de la démarche écologique qui pousse à choisir de vivre dans une maison bois, la logique voudrait que l’ensemble des matériaux de construction soit bio-sourcés et à faible emprise environnementale. À ce titre, le trio ossature bois / fibre de bois / ouate de cellulose est l’un des plus courants, mais d’autres associations, avec de la laine minérale notamment, sont tout à fait possibles.

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La qualité des isolants

Dans le cas d’une ITE, les isolants semi-rigides ou rigides (laine de bois, laine minérale…), sont plus faciles à poser. Ils peuvent aussi se présenter sous forme de flocons (type ouate de cellulose) insufflés dans des caissons. Quel que soit le produit choisi, sa densité devra être supérieure à 40 kg / m3 afin d’éviter une dégradation des performances énergétiques du bâtiment dans le temps. Attention ! La caractéristique de performance de l’isolant (la résistance thermique R) et son aptitude à l’usage dans le bâtiment doivent être certifiés par l’ACERMI. Cette démarche de certification volontaire du fabricant vise à garantir autant les performances que les caractéristiques techniques du produit.

Mise en oeuvre des isolants.

La solution isolant sous bardage allie esthétique et pratique avec une mise en oeuvre rapide et ” à sec ” qui convient à la plupart des constructions (ossature métallique ou bois, béton, parois maçonnées). La mise en oeuvre doit tenir compte de la zone climatique où se situe le bâtiment, de son orientation pour anticiper les sollicitations physiques et mécaniques que va subir la façade.

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Si l’on souhaite limiter au minimum l’épaisseur de l’isolation par l’extérieur, la solution idéale est la mise en oeuvre de l’isolant en couche unique positionnée derrière les chevrons. La pose en continu de l’isolant sur l’ensemble de la façade permet de fortement limiter les ponts thermiques en désolidarisant l’ossature du mur porteur. Lorsque l’épaisseur du système d’isolation ne représente pas une contrainte, l’isolant peut alors être posé en deux couches (derrière les chevrons et entre les chevrons). Un tasseautage ajouté le long des chevrons permettra de ménager la lame d’air obligatoire de 2 cm minimum et servira de support pour la fixation du parement.

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Ventilation

Disposer d’une lame d’air ventilée à l’arrière du bardage (2 cm minimum) est obligatoire. Elle est un gage de durabilité des matériaux sensibles à l’eau (chevrons notamment) en permettant l’évacuation de la vapeur d’eau ayant migré de l’intérieur de l’habitat vers l’extérieur au travers de la structure porteuse. Pour ventiler cette lame d’air, il est nécessaire de ménager des entrées et des sorties d’air de section suffisante en pied et tête de bardage, selon la hauteur de façade à isoler. Ces ouvertures doivent être protégées par une grille perforée pour assurer la protection contre de petits nuisibles.

En rénovation

Une attention particulière doit être portée aux menuiseries. En France, celles-ci sont posées en tunnel (au milieu du tableau) ou en appliqué à l’intérieur. L’appui et le tableau de la fenêtre créent alors un pont thermique important. Pour l’éliminer, il est nécessaire d’araser les appuis de la fenêtre avant mise en oeuvre de l’ITE et de poursuivre l’isolation des murs sur le retour des tableaux des menuiseries.

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Ossature

Qui dit isolation doit penser ossature. Dans le cas de l’ITE, où l’isolant atteint facilement 20 cm, sous forme plus ou moins rigide, les équerres de bardage et leurs fixations se sont adaptées aux besoins. Les équerres permettent la fixation des chevrons qui constituent l’ossature secondaire. Cette ossature est déportée du mur et sert de support aux revêtements de type bardage.

Pare-Pluie

Il ne peut y avoir d’isolation sans étanchéité. Celle-ci, sous forme de parepluie, vient recouvrir la façade isolée, la protégeant contre la pénétration d’humidité, de poussières, d’insectes et va permettre d’améliorer l’étanchéité au vent de la paroi et ainsi d’y limiter l’entrée d’air froid.

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Son rôle est d’apporter à la façade une étanchéité à l’air mais également une perméabilité à la vapeur d’eau. L’étanchéité à l’eau est essentielle pour avoir des murs secs et sains mais aussi pour garantir la durabilité de la construction et de l’isolant rapporté. L’étanchéité à l’air permet de limiter les pertes d’énergies liées aux échanges entre les murs et l’extérieur. La perméabilité à la vapeur d’eau est un critère important dans le choix du pare-pluie. En effet, celui-ci se comporte comme une membrane respirante qui permet à l’humidité contenue dans les murs et l’isolant, sous forme de vapeur, d’être évacuée vers l’extérieur par la lame d’air.

En fonction de la structure de l’habitation, il peut être posé sur un support continu (panneau de contreventement) ou discontinu ( ossature bois ), directement au contact de l’isolant thermique, ou mis en oeuvre derrière un habillage de façade à joints fermés ou un bardage à clairevoie ( dans ce dernier cas, il doit s’agir d’un pare-pluie spécialement stabilisé aux UV, type DELTA®-FASSADE / Doerken ). Certains fabricants, comme Pavatex, proposent des isolants déjà équipés de pare-pluie pour simplifier les manipulations. Ainsi Pavatex+ en fibre de bois protège aussi de la pluie car sa dernière épaisseur est imprégnée de latex, ou encore Isolair imprégné de latex dans toute son épaisseur.

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Parement

Il en existe une multitude, depuis les bardages en bois massif aux produits minéraux, type parement de pierre 11ou ardoise naturelle, en passant par les produits composites proposés, entre autres, par SCB, ( CanExel, Smartside, Duracolor ) et fabriqués à base de fibres, de particules de bois recyclées et de résines polymères… Placé à la verticale ou à l’horizontale, le bardage est réalisé dans des essences très robustes :mélèze, red cedar, pin douglas, épicéa. Ces bois, souvent traités, sont en mesure de résister aux intempéries.

Le bardage en bois composite assure le même aspect et une très bonne durabilité 12. Obtenu à partir de matériaux dérivés du bois ou de fibres de bois liées de façon naturelle ou synthétique, il résiste à l’humidité, aux champignons et aux insectes. Le crépi est une option plus contemporaine. Il est imperméable et assure les échanges gazeux avec l’extérieur. La pierre imprime un cachet immédiat à une façade.

Une structure en bois peut être dotée de ce revêtement traditionnel ou contemporain. L’inconvénient de ce parement : sa plus grande sensibilité à l’épreuve du temps. Le coût final du projet de l’ITE dépend en grande partie du matériau utilisé pour le revêtement de façade : entre 30 et 100€/m2. Que ce soit en construction neuve ou rénovation, l’Isolation Thermique par l’Extérieur est plus qu’une option à retenir, c’est un vrai besoin à mettre en place qui apporte esthétisme et durabilité à la maison, et confort pour ses habitants. Pour toute mise en oeuvre, c’est à un professionnel qu’il faudra vous adresser, de préférence certifié RGE pour une rénovation afin d’avoir accès aux crédits d’impôts et autres aides de l’État et des Régions.

Texte : Mireille Mazurier – Serum Presse

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